Rendez-vous culturels

Article François PAMS

Article "François PAMS - 1822-1883 – Branche des PAMS d’Argelès-sur-Mer" - Cf rubrique Alliés-Consorts.


PERSONNEL USINE BARDOU

Article : "Personnel ouvrier - Usine Bardou - Perpignan - 1928". Cf rubrique Articles/Bardou.


Article Gaston PAMS

Article : "Gaston Pams - 1854-1931 - Branche des Pams d'Argelès-sur-Mer" - Cf rubrique Alliés-Consorts.


A LIRE

"Joseph Bardou et fils, entreprises de papier à cigarettes à Perpignan" - Cf rubrique Articles/Bardou


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Perpignan, berceau des arts visuels : les 1ers ateliers d'arts appliqués Bardou et Bardou-Job

 

« Papier Le Toujours Bon », l'une des « marques et enveloppes déposées »

Joseph Bardou fils, fabricant à Perpignan, Second Empire

(Col. Musée du Papier, Angoulême)

 

Pour autant qu'il existe une mémoire collective transcendant les siècles, les Pyrénées-Orientales se distinguent par leur goût prolongé pour l'image. De l'art de la gravure, décorant avantageusement l'habitat du XVIIIe siècle[1], au festival Visa pour l’image, en passant par François Arago et les prémices de la photographie, les Roussillonnais ont accordé une place majeure aux arts visuels. Ainsi, au début du XIXe siècle, l'essor de l'industrie du papier à cigarettes est intrinsèquement lié au développement de la lithographie. Avant de servir de marqueur industriel, l'art lithographique connaît en effet dans ce département un succès considérable. Après une brève présentation des lithographes roussillonnais, dont les oeuvres ont parfois connu un destin remarquable, l'accent sera mis sur l'histoire des ateliers Bardou et Bardou-Job, fabricants de papier à cigarettes à Perpignan.

Quand et comment furent fondés leurs premiers ateliers ? Quelles furent leurs relations avec la communauté des artistes locaux ? Plus largement, quelles furent les conséquences de la fondation d'une véritable lithographie industrielle dans les Pyrénées-Orientales[2] ? Cette étude s'inscrit dans la continuité de travaux de recherches menés autour des dynasties Bardou et Bardou-Job, en particulier des travaux relatifs à leur histoire familiale, économique et technique. Il s'agit cette fois d'attirer l'attention sur les ateliers lithographiques, ateliers projetés dans le cadre de la stratégie de communication visuelle de leurs entreprises. L'objet de cette étude est en effet de brosser un rapide panorama des acteurs de la lithographie perpignanaise au début du XIXe siècle pour arriver à la présentation des ateliers des maisons Bardou, fondés sous le Second Empire.

En d'autres termes, il s'agit d'évoquer le passage de la lithographie artisanale à la lithographie industrielle, en conséquence de souligner l'avènement de la lithographie comme marqueur industriel, et sa mise au service d'une industrie pionnière : celle du papier à cigarettes.

 

I - Lithographie roussillonnaise : problématique et méthodologie

Tout d'abord, le contexte dans lequel s'inscrit la création des premiers ateliers de lithographes mérite d'être rappelé. Le rôle d'une législation centralisatrice et notamment l'existence d'un régime des « brevets » s'avèrent en effet prépondérants. « La Révolution avait dans un premier temps proclamé la liberté de l'imprimerie », notent les Archives Nationales. « Le 1er Empire, pour sa part, réserve les professions d'imprimerie et de libraire à un nombre limité de titulaires de brevets, assujettis en outre à la prestation du serment (décret du 5 février 1810, confirmé par la loi du 21 octobre 1814). Ce régime du brevet, qui s'impose dès lors aux libraires et aux imprimeurs typographes, est étendu aux imprimeurs lithographes par ordonnance du 8 octobre 1817 (....). Cette réglementation perdure jusqu'au 10 septembre 1870, où la jeune République déclare la liberté de la libraire et de l'imprimerie et n'exige désormais pour l'exercice de ces professions qu'une simple déclaration préalable au ministère de l'Intérieur (...)[3] ».

Issu d'un Répertoire illustré des lithographes roussillonnais (1817-1870)[4] en gestation depuis plusieurs années, le recensement des lithographes locaux, d'abord exclusivement fixés dans le chef-lieu de Perpignan, s'inscrit de fait dans le cadre d'une réglementation autoritaire de la presse et de l'imprimerie. Établies à partir des dossiers individuels et des brevets constitutifs des séries d'inventaires « libraires et imprimeurs » des Archives Nationales, leurs notices biographiques s'inspirent également des fonds conservés aux Archives Départementales des Pyrénées-Orientales, en particulier des séries 2T (imprimerie, librairie, presse, dépôt légal), 3U (prestations de serments) et 3E (notaires). Sur cette hase archivistique se greffent des compléments d'ordre divers, notamment iconographique, pouvant se rattacher à des collections privées.

 

1 - Les lithographes perpignanais. Les premiers professionnels

Suivant la législation, les professionnels de la lithographie figurent donc en nombre limité à Perpignan, en raison notamment des incidences d'ordre politique que leur art pourrait occasionner. La série de lithographes initialement recensés dans le département a été précisée et étoffée, mais tous ne seront pas évoqués ici. Pour mémoire, selon la revue Conflent, la mise au point du procédé de lithographie en France, due à Godefroy Engelmann, se situe entre 1815 et 1820[5]. Plus précisément, c'est le 22 mars 1817 qu'est mentionnée la tenue de cours de lithographie à Perpignan : ceux-ci sont dispensés chez le principal imprimeur-libraire, P. Tastu, qui indique à cette occasion être directement en rapport avec Engelmann[6]. Ces cours organisés dans le chef-lieu dès le printemps 1817, précèdent ainsi d'un semestre l'ordonnance du 8 octobre 1817, instituant la réglementation du métier de lithographe.

Une mention suivante, datée de 1823, concerne l'imprimerie lithographique « dirigée par Maurin, peintre », et située « dans un appartement de la maison de M. Amiel[7] ». Les personnages évoqués sont alors Louis Amiel, architecte du département des Pyrénées- Orientales à compter de 1815[8] ainsi que l'un des descendants du peintre Jacques Maurin, décédé cette même année. Ce dernier, n'ayant pas souscrit aux obligations de l'ordonnance royale de 1817, exerce donc sans autorisation car « aucun individu n'a obtenu de brevet de lithographe à Perpignan ». Les scellés sont en conséquence apposés sur les presses d'Amiel et de Maurin en septembre 1823 pour une durée d'un mois, jusqu'à ce qu'une tolérance leur soit accordée pour l'exercice de la lithographie[9].

On notera au passage qu'au moins trois des descendants du peintre Maurin : Antoine, Laurent et Nicolas, nés à Perpignan, figurent « parmi les personnalités remarquables du département des Pyrénées-Orientales », et sont considérés par la bibliographie locale mais aussi nationale, comme « des peintres et des lithographes appréciés[10] ».

En 1824 est ensuite publié à Perpignan un ouvrage intitulé Voyage pittoresque dans le département des Pyrénées-Orientales, comportant vingt-neuf planches lithographiées par Amiel et dont l'auteur est le chevalier de Basterot. Sa qualité principale, selon Olivier Poisson, est « d'être le premier ouvrage qui entreprenne de montrer les sites et monuments du pays[11]». « Son style annonce les débuts du romantisme dans notre région », indique la revue Conflent[12]. Il convient dès lors de s'arrêter sur l'auteur de cet ouvrage, réputé localement, mais dont la biographie demeure encore partiellement inédite.

Né en 1792 à Toulon et précocement orphelin, le chevalier Prosper Basterot de la Barrière est issu d'une ancienne famille de la noblesse militaire : son père, capitaine de vaisseau croisant sous pavillon anglais, fut exécuté en 1793 en rade de Toulon lors de la Convention, pour collaboration avec l'ennemi. Prosper de Basterot apparaît en Roussillon vers 1823 comme professeur à l'école municipale de dessin de Perpignan, il est alors âgé de 31 ans. Nommé architecte départemental en 1825, il convole à cette époque à Tournai, sur la frontière belge[13] et s'associe, à la suite du départ des Maurin pour Paris, avec un lithographe également originaire des régions septentrionales, Camille Aubry.

Lithographe officiellement breveté en 1820 à Vervins (Nord) puis localisé à Lille de 1821 à 1826 et à compter de 1826 à Perpignan, recensé sous le n° 114, Camille Aubry figure donc parmi les 324 lithographes répertoriés en France de 1817 à juillet 1830[14]. Son imprimerie lithographique est la première reconnue par le gouvernement à Perpignan. Elle fonctionne jusqu'en 1831, époque où l'affaire est cédée : Camille Aubry est en effet remonté par étapes en Belgique où, lors des révolutions de 1830, il participe à la libération de Bruxelles, ville alors insurgée contre la tutelle des Hollandais.

 

 Lithographie: Cour de l'Hermitage de St Ferreol,

dessin de P. de Basterot, Perpignan, 1829

 

L'imprimerie lithographique d'Amiel et Basterot était située Cul de sac des Amandiers, près de l'église La Réal. En 1829, Basterot y publie le Voyage aux hermitages des Pyrénées-Orientales dessiné d'après nature, édité et imprimé par Camille Aubry et Cie « imprimeurs, lithographes et éditeurs ». En 1831, l'établissement et son matériel sont cédés au prix de 4000 francs au Perpignanais Jean Vidal, qui obtient son brevet de lithographe à cette date. La cession de 1831 donne lieu à inventaire, dans lequel se trouve mentionné l'outillage de « pierres, presses et dessins » : une grande presse à cylindres et moulinets avec coussinets et garnitures en cuivre, une autre presse moyenne confectionnée de la même manière que la précédente, une presse à satiner, soixante-douze presses lithographiques de différentes grandeurs, dont les dimensions sont fournies[15].

Jean Vidal est donc le second lithographe officiellement reconnu à Perpignan par le gouvernement. En 1833, il publie avec le lithographe Bayot une Collection des costumes du Roussillon dédiée à la ville de Perpignan, ouvrage cette fois de lithographies en couleurs. Peintre également de profession, comme le sont les Maurin, en 1837 Jean Vidal serait ensuite parti pour Bordeaux, afin d'y exercer son art[16].

En résumé de cette partie, la lithographie s'avère tout d'abord un art précoce en Roussillon, puisqu'elle y est professée dès 1817. En second lieu, il s'agit d'un art émanant des régions septentrionales de la France, foyers de diffusion de cette nouvelle technique. Enfin sa maîtrise par les artistes locaux engendre leur notoriété : tel est le cas des Maurin, ensuite établis à Paris et même au Portugal, et dont les oeuvres, peut-être mal datées et mal attribuées car la généalogie mériterait d'être précisée, figurent néanmoins dans les musées nationaux.

 

2 - Les thèmes abordés : de l'ethnographie à la politique

L'une des conséquences de la réglementation et du contrôle sur la presse est une production conforme aux voeux du gouvernement : publications sans idéologie politique, avec des représentations de bâtiments, d'édifices religieux notamment, ou de scènes ethnographiques. De cette dernière catégorie relève la Collection des costumes du Roussillon dédiée à la ville de Perpignan, de même que Les danses catalanes, ouvrage paru en 1823 chez Antoinette Tastu, et comprenant également des lithographies.

 

Page couverture, Vidal et Bayot, Collection des costumes du Roussillon dédiée à la Ville de Perpignan, 1833

(Col. Médiathèque Perpignan)

 

« Les danses catalanes sont très fréquentées à Perpignan, cette année. On dirait que la jolie description qui en a été publiée par M. Henry, a contribué à faire ressortir tout l'attrait qu'elles offrent au danseur et le plaisir que le spectateur peut y trouver. Cette petite brochure, accompagnée de quelques lithographies, se trouve chez Melle Antoinette Tastu, imprimeur-libraire, rue de la Préfecture » indique l'annonce de parution[17].

Au-delà de ce descriptif politiquement inoffensif, la surveillance des lithographes apparaît en réalité constante. De fait, on reproche tout d'abord à Amiel et Maurin d'avoir publié un dessin excessif représentant des « soldats de la foi » puis, la tolérance étant accordée à leur établissement, on les soupçonne d'être libéraux, en raison de la rapidité avec laquelle les feuilles libérales ont salué cette décision[18].

Autre exemple de l'intervention de la politique dans la production locale : la scission entre deux associés perpignanais, le lithographe Saignes, successeur de Vidal, qui passe sans encombre la révolution de 1848 et qui publie « un Hymne électoral de la présidence en l’honneur de la candidature du citoyen Ledru-Rollin, fondateur de la République française, le 14 février 1848 ». Cette scission se fait alors avec son associé Buscarons, ancien militaire, pour sa part « chef de comptabilité à la solde personnelle du directeur de l’enregistrement[19] ».

Mais c'est également à Paris, dans la capitale, que se révèlent les enjeux politiques. Citons à cet effet Jacques Arago (1790-1855), frère de François Arago d'Estagel, auteur du Voyage autour du Monde, ouvrage à succès, avec des dessins coloriés par Nicolas Maurin, d'après ses propres croquis. En amont de ses Souvenirs d'un aveugle, Jacques Arago est également auteur de lithographies politiques, suivant les travaux et la thèse soutenue par Marie-Thérèse Laureilhe à la Sorbonne en 1968, intitulée : « Jacques Arago, illustrateur[20] ».

En résumé, régional ou parisien, l'art lithographique investit des thématiques variées courant de l'ethnographie à la politique. A Perpignan, certaines alliances des Maurin les rapprochent d'anciennes familles nobles telles les Terrats ou les Lazerme. Mais on trouve par exemple lithographié à Paris, « Louis Napoléon Bonaparte, représentant du peuple, en pied », ou encore les « Galeries de contemporains » par Nicolas Maurin (1798-1850), dont le portrait de Jacques Arago portant en distique : « Ton nom est un reflet du grand nom de ton frère ; à vous, François, les Cieux ; à toi, Jacques, la Terre[21] ».

A ces champs de possibles s'ajoutent des portraits d'industriels, tel le portrait lithographié d'André Hartmann, manufacturier dans l'est de la France[22]. De la même manière apparaissent à Perpignan sous le Second Empire, sous forme de tableaux peints cette fois, les portraits des industriels papetiers Bardou-Job, peints par Eugène Maurin (1821-1871)[23]. Pour mémoire, Nicolas Maurin (1798-1850), l'un des membres de cette lignée d'artistes, était déjà l'auteur d'une « Esmeralda » illustrant l'ouvrage Notre-Dame de Paris de Victor Hugo, en 1834.

Enfin, citons en dernier ressort Pierre Auguste Maurin, lithographe né à Perpignan en 1807 et exerçant cette fois à Lisbonne, contemporain du lithographe Jacques François Gaudérique Llanta (1807-1864), artiste prolifique, né à Perpignan et décédé à Paris[24]. Le Roussillon apparaît donc dans la première moitié du XIXe siècle comme un berceau artistique, l'effectif réel de cette corporation s'avérant plus élevé et ses productions mieux reconnues que ne le donne à penser la faiblesse numérique des autorisations légales.

En s'appropriant à leur tour cette nouvelle technique de l'image, les industriels du papier investissent désormais un nouveau champ d'action, et cette appropriation se déroule au contact d'une école locale dont le développement apparaît déjà réalisé.

 


 

II - Les Bardou, industriels du papier à cigarettes

Selon la Petite anthologie de la cigarette, le premier papel espagnol franchissant les Pyrénées et permettant de fumer du tabac roulé dans du papier, fut probablement un papier de coton, fabriqué à la main, « lourd, rude », qui ne ressemblait aucunement aux feuilles aériennes produites ultérieurement[25]. Dans le même temps, l’imprimerie perpignanaise disposait elle-même de moulins pour la fabrication du papier, tel à Prades celui de l'imprimeur Jean Alzine, situé vers 1806 dans le massif du Canigou[26].

Tous les moulins à papier de cette période n'ont pas été répertoriés, loin s'en faut, mais il semblerait que ce secteur d'activité se développe de pair avec l'activité de façonnage du papier à cigarettes, dont les premières sources mentionnent l'existence entre 1838 et 1858 - cinq ateliers pionniers répertoriés, puis trente-cinq fabricants des Pyrénées-Orientales déposant une ou plusieurs marques entre 1849 et 1914[27] .

L'un de ces fabricants de papier à cigarettes est alors le Perpignanais Jean Bardou (1799­-1852), promoteur en 1849 de la marque de papier à cigarettes Job, première marque de papier à cigarettes déposée en France. L'existence des deux branches familiales issues du mariage de Jean Bardou avec Françoise de Godefroy est désormais connue : la branche aînée conserve seule le patronyme Bardou, tandis que la branche cadette est autorisée à endosser celui de Bardou-­Job à compter de 1878[28].

 

1 - Joseph Bardou, lithographe en 1860 : naissance de la lithographie industrielle

Le rôle de la branche aînée est à souligner : c'est en effet sur les conseils de son fils aîné Joseph (1823-1884), que Jean Bardou, alors dessinateur et fabricant de papiers de fantaisie à Perpignan, décide de se lancer dans le façonnage de papier à cigarettes. Joseph est en effet installé sur la frontière espagnole, au contact des fabricants de papier à cigarettes de la Seu d'Urgell. De même, c'est lui qui, de retour à Perpignan, obtient le premier, à l'Exposition universelle de Paris en 1855, une mention « honorable » pour la qualité de ses papiers. Précédant sur ce plan son frère cadet Pierre (1826-1892), il est donc le premier représentant de la dynastie à obtenir une récompense industrielle et commerciale d'envergure internationale[29].

En mai 1860, Joseph Bardou dépose une demande d'autorisation à faire usage de presses lithographiques « pour l'impression de papiers utiles à (s)on commerce ». L'enquête d'usage relate les conditions d'exercice de son art : « le demandeur habite Perpignan depuis 12 ans, père de 4 enfants, moralité excellente. Il tient un établissement important où il occupe constamment de 25 à 30 personnes[30] ». Joseph Bardou dirige alors une entreprise individuelle, avec la participation toutefois d’un entourage familial très présent : son épouse Marie Mitjavile, originaire de Cerdagne, a en effet procuration sur tous les actes se rapportant à son fonctionnement. Plusieurs membres de la famille Mitjavile travaillent à ses côtés[31].

 

 

« Le Porte Drapeau », marque de la Société Joseph Bardou et fils,

fabricants à Perpignan, v. 1874-1903 (Col. Musée du Papier, Angoulême)


La production papetière de Joseph Bardou se distingue de celle de son frère Pierre par la multiplicité des marques de fabriques[32] ; la lithographie des couvertures de livrets apparaît dès lors comme un moyen indispensable à leur identification. Selon l'enquête de 1860, « chaque feuillet a sa marque ou son dessin et la couverture contient des enjolivures qui ne peuvent se reproduire que par les presses de petite dimension ». En conséquence, Joseph « veut faire imprimer chez lui, par 2 ou 3 ouvriers au moins, ce qu'il est obligé de faire dans les principales lithographies de Paris et ailleurs ».

Dans un premier temps, le ministère hésite, dans la mesure où les sept autres fabricants de papier à cigarettes de Perpignan pourraient y voir un privilège le dispensant de faire lithographier chez les artisans autorisés. Mais partant du principe que Joseph Bardou a l’intention, selon ses dires, de ne faire usage d'une presse lithographique « que pour l’impression exclusive de ses marques de fabrique », et de ne porter « aucune atteinte » aux intérêts des deux imprimeurs lithographes locaux, le ministère est d'avis que cette demande soit acceptée[33].

Un brevet d'imprimeur lithographe lui est en conséquence accordé le 4 juillet 1860 et remis le 7 juillet. Quelques mois plus tard, un bref inventaire dénombre déjà « 3 machines à couper le papier et une en route. 2 presses à percussion servant à la préparation des papiers, 2 presses lithographiques et une en route, 6 petites machines servant à la manipulation du papier. Le tout pouvant après entière installation occuper de 80 à 100 personnes[34] ».

Par l'augmentation du nombre d'ouvriers, on assiste donc en 1860 au passage de la lithographie artisanale à la lithographie industrielle, concomitante de la modernisation des techniques de fabrication du papier à cigarettes : le passage du papier à la cuve au papier à la machine intervient en effet en 1858-1859. Dans le même temps a lieu l'investissement du marché local par Joseph Bardou : dès 1861, celui-ci déclare employer 40 personnes dont 10 en lithographie. L'atelier réalise des travaux de proximité, impression de factures pour « limes électro-métalliques pour le soulagement de cors aux pieds » ou pour un orfèvre voisin[35], mais aussi une gamme de travaux, circulaires électorales, chansons, réclames personnelles, dont une partie est répertoriée aux archives départementales des Pyrénées-Orientales[36].

En 1863, au moment de l'émergence de la profession d'ingénieur hydraulicien, paraît encore le bel Album de la station thermo-hyémale du Docteur Pujade, publié chez J. B. Alzine, 1 rue des Trois-Rois à Perpignan. L'ouvrage est illustré des lithographies de W. Gelzer, d'après des photographies d'E. Serradell, représentant les thermes Pujade à Amélie-les-Bains et figurant sous la mention : « lith. et impr. chez Josh Bardou, fils, Perpignan[37] ». Durant cette période, la lithographie progresse donc sur le terrain perpignanais. Plus tard, les fils de Joseph Bardou lanceront deux organes de presse, dans leurs nouveaux locaux situés avenue de la Gare à Perpignan[38].

 

« Salle aspiratoire Eugénie », Litho. W. Gelzer, d‘après photo. E. Serradell,

impr. Joseph Bardou, Perpignan,

Album de la station thermo-hyémale du Docteur Pujade,

Perpignan, 1863 (Col. part.)

 

2 - Pierre Bardou, lithographe, typographe et photographe : les effets de la concurrence

Epoux de Léonie Amiel et fils cadet de Jean Bardou, qui fut promoteur du papier Job (1849), Pierre Bardou-Job (1826-1892) est pour sa part installé 18 rue St Sauveur à Perpignan. Successeur de son père dans l'industrie du papier à cigarettes Job, il avait demandé au préfet, dès septembre 1859, l'autorisation d'acquérir une presse lithographique pour imprimer ses marques et dessins[39]. À la suite de l'obtention du brevet de lithographe par son frère Joseph en juillet 1860, il dépose à son tour, en octobre de la même année, une demande de brevet. Mais celle-ci est refusée par le ministère de l'Intérieur le 4 mai 1861, en raison des plaintes de la concurrence, notamment celles du lithographe Saignes évoqué précédemment.

Dans le courant du même mois, Pierre Bardou a toutefois reçu sa presse lithographique « grand modèle », d'après « l'autorisation verbale » précédemment donnée par la préfecture. Une seconde demande, formulée en janvier 1865, aboutit cette fois à l'obtention légale du brevet d'imprimeur lithographe, daté du 2 mai 1865[40]. Cette attribution signe désormais l'affaiblissement de la concurrence locale, comme l'illustre le cas du lithographe Auguste Chapé.

 

Journal des Pyrénées-Orientales, n°99,

Perpignan, 25-12-1852 (Col.part.)

 

Né en 1812 à Paris, Auguste Élie Chapé, lithographe à Lyon en 1839, cède son matériel en 1842 puis, après un bref retour à Paris, se fixe à Perpignan l'année suivante. Domicilié 10 rue du Théâtre[41] puis 15 rue de la Cloche d'Or[42], alors âgé d'une trentaine d'années, il exerce son art sous l'enseigne : « Lithographie roussillonnaise[43] ». En 1849, il obtient une médaille de bronze, « pour l'amélioration de l'art de la lithographie, en écritures, et surtout en dessins ». Auguste Chapé qui « reconnaît devoir beaucoup à son principal commis et à ses employés[44] » apparaît surtout réputé dans la lithographie de cartes et plans[45], mais son atelier propose des services variés : « Dessins, vignettes, plans, étiquettes, factures, adresses, mandats inaltérables, lettres de faire-part, états, registres, et généralement tous travaux de luxe, de commerce et d'administration[46] ». Il est avec Naamas Saignes, le lithographe attitré de la place de Perpignan.

À compter de 1861, Auguste Chapé élève plusieurs protestations, liées à la demande de brevet de l'industriel du papier à cigarettes Pierre Bardou et à la concurrence exercée par le frère de ce dernier, Joseph[47]. Résistant tout d'abord à cette nouvelle concurrence, il obtient en 1862 une médaille d'argent au concours régional[48], mais l'année suivante son épouse adresse une supplique à « Sa Majesté l'Impératrice des Français », déplorant « 20 années de labeur » annihilées par la concurrence. Début 1865, Chapé démissionne finalement en faveur de Pierre Bardou et lui cède son entreprise, matériel et brevet d'imprimeur lithographe pour la somme de 6000 francs payés comptant[49]. Il serait alors parti à Barcelone[50]. Pierre Bardou obtient donc son brevet de lithographe en remplacement d'Auguste Chapé, et prête serment le 15 mai 1865 à Perpignan[51].

Cette étape est la première d'une expansion de l'entreprise Job dans le secteur des arts visuels. Le 12 mars 1866, Pierre Bardou complète en effet son acquisition par celles du brevet d'imprimeur en lettres de Jean-Baptiste Jacob, et de ses matériels typographique et photographique, pour la somme de 15 000 francs réglés comptant[52]. Selon Comet, dans l'entreprise Job, la répartition des tâches est désormais la suivante : « un brevet d'imprimeur avait été accordé vers 1860 à Charles Pujol, un Toulousain, qui l'exploitait sous la raison sociale J. Jacob et C. Pujol. Ce matériel et brevet furent bientôt acquis par Pierre Bardou-Joh qui conserva les deux associés à son service. Jacob s'occupa de photographie et Pujol prit la direction de l'imprimerie qui servit à la fois à la presse et aux travaux de l'usine de papiers à cigarette[53] ».

 

Haras Impériaux : « Photographie Roussillonnaise J.B. Jacob,

11 rue des Ecoles-Vieilles, Perpignan ».

Avant 1866 (Col. part.)

 

C'est ainsi que sous le Second Empire, à l'enseigne de la « Lithographie roussillonnaise », devenue propriété de Pierre Bardou-Job, fait désormais écho la « Photographie roussillonnaise », entreprise également passée de J.B. Jacob à Pierre Bardou-Job. Les industriels du papier à cigarettes renforcent dès lors leur pouvoir économique et culturel, en prenant le contrôle des deux activités innovantes écloses dans la première moitié du siècle. Au-delà du répertoire d'activités d'imprimerie et de presse de Pierre Bardou-Job, il convient en conclusion de s'arrêter sur ces arts visuels, devenus à la fois affaires de famille et désormais patrimoine collectif.

 

Conclusion : lithographie et photographie, affaires de famille et patrimoine collectif

À l'enseigne de la Photographie roussillonnaise, située 11 rue des Écoles Vieilles à Perpignan, Jean-Baptiste Jacob saisissait le chef-lieu transformé par les constructions du Second Empire : vue des Haras Impériaux, vue de la Porte Impériale. Parallèlement à ces transformations urbaines, il réalisait des portraits de la bourgeoisie locale, tels ceux de la famille Trilles. En 1866, l'acte de cession à Pierre Bardou-Job établit la liste de son matériel photographique. Ce fut chez les Bardou-Job, industriels du papier à cigarettes, le début d'une grande passion pour la photographie.

Le Département des monnaies et médailles de la BnF conserve ainsi le précieux « Recueil de Numismatique destiné à servir au classement des médailles anciennes et modernes », par Pierre Bardou-Job, imprimerie de Pierre Bardou-Job, rue Saint Sauveur à Perpignan, dont deux tomes datent respectivement de 1867 et 1870 : « illustré de photos soigneusement collées » indique un article. En 2006, J.C. Richard, directeur de recherches au CNRS, soulignait que le procédé « est particulièrement intéressant et constitue une véritable invention dont les suites, en numismatique, ne sont pas antérieures à 1881[54] ».

De nombreux témoignages ultérieurs, tant architecturaux[55] qu'archivistiques, témoignent de cet intérêt pour la photographie : albums de famille soigneusement annotés et conservés, films portant trace d'événements, activités de critique d'art menées par certains héritiers, tout atteste de l'importance de la photographie dans l'histoire culturelle de la dynastie. Toutes ces archives et images privées qui se révèlent peu à peu, sont les témoignages inestimables de l'histoire et du patrimoine perpignanais et collectif.

Et la lithographie ? Au lendemain de la superbe exposition « La Belle Époque de(l)s Bardou », tenue à l'été 2011 au Musée Rigaud de Perpignan, il semble superflu de revenir sur l'art de l'affiche promu par les dynasties Bardou-Job. Art reconnu dans les Pyrénées- Orientales, la lithographie fut effectivement une affaire de famille au sein de la dynastie. Ainsi en 1890, l'industriel du papier Pierre Bardou-Job était-il témoin au mariage de son neveu Raymond Costa avec Renée Vignol, petite-fille du Chevalier de Basterot : ces pistes transversales restent à explorer.

Enfin, il serait souhaitable d'envisager, parmi les nouvelles recherches, l'analyse des « petits formats », images lithographiques recouvrant les couvertures de cahiers de papiers à cigarettes. Créées en particulier par les ateliers de la branche Bardou, elles sont pour la plupart conservées, en toutes langues, au Musée du papier d'Angoulême. Il en est de même pour celles réalisées et diffusées à l'étranger. À ce titre, Angoulême comme la Catalogne proche pourraient offrir un premier champ d'étude et de prospection, hors du berceau perpignanais.

 

Edwige PRACA 

BIBLIOGRAPHIE

PRACA E., « Un berceau des arts visuels : les premiers ateliers d'arts appliqués des dynasties Bardou et Bardou-Job à Perpignan », Conférence le 29 avril 2011, dans le cadre de la 9e Journée d’étude sur l’imprimerie « Le papier à cigarettes : entre art et industrie », éd. Adag, Perpignan, 2014, p.13-42.

POUR EN SAVOIR PLUS

Ouvrage - Le papier à cigarettes : entre arts graphiques et industrie, site Amis des Bardou, rubrique Presse et publications, partie "publications".



[1] LUGAND Julien, Peintres et doreurs en Roussillon aux XVIIe et XVIIIe siècles, Canet, Trabucaire, 2006.

[2] PRACA Edwige, conférence Journée de l’Imprimerie du 29-4-2011 illustrée par une série de couvertures de cahiers de papiers à cigarettes de la maison Bardou de Perpignan, conservés au Musée du Papier Le Nil d'Angoulême, dirigé par Denis Peaucelle puis Florent Gaillard. Nos remerciements vont égal. à la Direction de la Culture et à Brigitte Manéra-Payrou pour l'organisation de cette Journée de l' Imprimerie.

[3] LAHARIE Patrick, Liste générale des brevetés de l’Imprimerie et de la Librairie, 1er Empire et Restauration, (Annexes), Centre Historique des Archives Nationales, Paris, 2003.

[4] PRACA Edwige, Répertoire illustré des lithographes roussillonnais (1817-1870), inédit. Cette recherche menée depuis plusieurs années démontre que la fondation des ateliers d'arts appliqués Bardou s'inscrit dans un terreau local favorable.

[5] D'après LAPORTE Claude, « En parcourant le Conflent pittoresque », Conflent, n°142-143, avril et mai 1986, p.23.

[6] Journal des Pyrénées-Orientales, n°31, 22-3-1817, p.288. Ce journal fut lancé par Pierre Tastu (1758-1822) auquel s'associe en janvier 1817 son fils Joseph, né en 1787, « qui vient de passer 3 ans à Paris dans l'imprimerie et le journalisme, notamment comme directeur du Mercure de France » : cf BONET Gérard. « Perpignan la typographe », Perpignan une et plurielle, sous dir. R. Sala et M. Ros, Canet, Trabucaire, 2004, p.838-839.

[7] ADPO 2T15, dossier Amiel et Maurin.

[8] GUIBEAUD Jean, « Origines et historique des rues de Perpignan, rue Marengo », Journal des Pyrénées-Orientales illustré, tome II, fasc. 53, p.6 et CAMPS Christian, Les noms des rues de Perpignan, dactylographié, 1974, p.86.

[9] Journal de Perpignan et des Pyrénées-Orientales, n°5, 9e année, 13-9-1823 ; n°10, 9e année, 18-10-1823 ; ADPO, 2T5.

[10] Citations d'après CALMETTE J. et VIDAL P., Histoire du Roussillon, Honoré Champion à Paris, reprint à Genève, 1975, p.259. De nombreuses inexactitudes figurent encore dans la généalogie Maurin : ne pas se fier à CROUCHANDEU, Catalogue raisonné des objets d'art et d'archéologie du Musée de Perpignan, Perpignan, 1884 ni au « BENEZIT ». Pour souligner l'importance de cette dynastie, en 1876, Henri Valentin (1822-1893), graveur et artiste peintre allié de la famille, est témoin au mariage du peintre Fantin-Latour, in E. PRACA, Répertoire illustré des lithographes roussillonnais, inédit.

[11] POISSON Olivier, in ouvrage collectif Mil: millénaire d'art nord-catalan, Perpignan, Conseil Général des Pyrénées-Orientales, 1989, p.143.

[12] LAPORTE Claude, op. cit., p.23.

[13] Auguste Prosper André Basterot de la Barrière (1792-1844) : biographie in PRACA E., Répertoire illustré des lithographes roussillonnais (1817-1870), inédit, d'après archives privées et ADPO. Contrat de mariage établi à Cysoing. Voir POISSON Olivier pour son œuvre in Mil, op.cit., p.143.

[14] Cf. PRACA Edwige, Répertoire illustré des lithographes roussillonnais, op.cit : pour Camille Jean Aubry dans le Nord de la France : Archives Nationales, Libraires et imprimeurs de Lille, 1813-1881. Pour Perpignan : ADPO 2T5 et 2T10, brevet de lithographe obtenu le 30-8-1826, enregist. n°114 par ministère de l'Intérieur. Égal. LAHARIE Patrick, Liste générale des brevetés de l'Imprimerie et de la Librairie, op.cit, CHAN, Paris, 2003. D'origine belge du côté maternel, Camille Aubry est né à Douai (Nord) le 23 mars 1797 ; arrêté de naturalisation par le gouvernement provisoire belge le 19-1-1831, n°26.

[15] ADPO, 3E25/56, Me Théodore Guiter, notaire à Perpignan, 21-9-1831 ; 2T5 et 2T10.

[16] Jean Vidal, lithographe, fils de Jean Vidal et de Françoise Pous. I1 est correspondant de la Société philomatique de Perpignan fondée en 1833. Mention égal. in ADPO, 2T5 et 2T10.

[17] Journal de Perpignan et des Pyrénées-Orientales, n°4, 9e année, samedi 6-9-1823, p.43.

[18] ADPO, 2T5 : rapports de police et correspondance préfecture-ministère de l'Intérieur.

[19] ADPO, 2T5 : Naamas dit Justin Saignes, prof. de dessin, est breveté lithographe le 26-2-1839 à Perpignan, démissionnaire le 13-2-1843, à nouveau breveté le 24-12-1849. Associé à François Germain Lucien Buscarons, démissionnaire à cette période, Saignes exerce à Perpignan de 1839 à 1879, date à laquelle il cède son imprimerie lithographique à Paul Morer : sur ce dernier, cf MANÉRA-PAYROU Brigitte, « Morer-Bénézet, lithographe perpignanais », Affiches, affichistes et techniques lithographiques, Perpignan, ville de Perpignan-ADAG, 2009, p. 139-140. En 1860, J. Saignes proteste contre la demande de brevet déposée par l'industriel du papier à cigarettes Pierre Bardou. Mention de l'Hymne électoral in BEUCHOT Adrien Jean Quentin, Bibliographie de la France, Cercle de la librairie, 1848, partie « Impressions lithographiques », p.655.

[20] LAUREILHE Marie-Thérèse, « Jacques Arago illustrateur du Voyage autour du Monde de la corvette l’Uranie » in Bulletin de la société historique de l'art français, 1952, p. 96-102 et Tramontane, 401, 1957, p.128-131.

[21] VIDAL Pierre, Guide historique et pittoresque dans le département des Pyrénées-Orientales, 2e édit. 1899, Laffitte reprints, Marseille, 1977, p.481.

[22] Hartmann André, né à Colmar le 29-11-1746, mort à Munster le 17-9-1837, fondateur de grands établissements industriels à Munster (Haut-Rhin), in GUTZWILLER Ch., Catalogue du musée de Colmar, 1866, p.147.

[23] PRACA E., commissaire associé, La Belle Époque de(l)s Bardou, exposition au Musée Hyacinthe Rigaud, Perpignan, du 23-6 au 9-10-2011. Elle présente les portraits des industriels papetiers Jean et Pierre Bardou peints par Eugène Maurin (1821-1871), collection privée. La généalogie Maurin est rétablie in PRACA E., Répertoire. op.cit.

[24] PRACA E., Répertoire op.cit. : Jacques François Gaudérique Llanta, fils d'un boucher perpignanais, époux d'Antoinette Mélanie Tissot, « artiste en lithographie », décédé à Paris le 25-3-1864 et non en 1865 ou mai 1864 comme indiqué in VAPEREAU, Dictionnaire universel des contemporains, 1870, p.1152 et 1880, p.XLI ; CROUCHANDEU, Catalogue raisonné des objets d'art et d'archéologie du Musée de Perpignan, Perpignan, 1884 : d'abord élève peintre, Llanta se livre presque exclusivement à la lithographie à compter de 1825. Graveur, entré à l'école des Beaux-Arts en 1828, il expose des tableaux de genre de 1838 à 1848. Il obtient une médaille d'or à l'exposition de 1839 pour la lithographie : La Religion chrétienne, d'après E. Signol.

[25] Petite anthologie du papier à cigarettes, Centenaire de la Société Joseph Bardou et fils, Tours, 1949, p.23. Au tournant de 1800 on dénombrait en Catalogne plus de 300 000 ouvriers travaillant le coton.

[26] ADPO, 13Spl0, Jean Alzine (1767-1833).

[27] PRACA E., « Les premiers ateliers de façonnage du papier à cigarettes dans les Pyrénées-Orientales, 1838-­1858 », Conflent, n°208, Prades, juillet-août 1997.

[28] PRACA E., « Perpignan à Père industrielle : l'exemple du papier à cigarettes Job (XIXe-début XXe s.)», in Perpignan une et plurielle, ss dir. M. ROS et R. SALA, édit. Trabucaire, Perpignan, 2004, p.154-174.

[29] PRACA E., « Joseph Bardou, fabricant de papier à cigarettes ». La Semaine du Roussillon, n°140, décembre 1998.

[30] ADPO, 2T5, demande de Joseph Bardou du 12-5-1860, domicilié 6 rue Fontfroide à Perpignan et réponse du préfet le 25-5-1860.

[31] PRACA E., « Joseph Bardou, fabricant de papier à cigarettes », La Semaine du Roussillon op.cit.

[32] Voir en particulier fonds du Musée du Papier d'Angoulême.

[33] ADPO, 2T5, réponse du ministère le 4-6-1860.

[34] ADPO, 2T5, du 4-11-1860.

[35] ADPO, 2T5.

[36] ADPO, 2T18 et 2T19.

[37] Il existe en 1861 une maison d'édition Murbach et Gelzer à Schaffausen, cf Internet. Y a-t-il un lien ?

[38] Nouvelle usine conçue par l'architecte toulousain F. Delor de Masbou. « Dès 1885 on y trouve téléphones, ascenseurs, sonneries d'appel, bouche à incendie. On y fabrique les cahiers de papiers à cigarettes aussi bien que l'enveloppe lithographiée qui les entoure. Les caisses carton et les caisses d'emballage sont faites à l'intérieur de l'établissement » in Petite anthologie de la cigarette, op.cit., p.86. Les deux organes de presse sont : L’Abeille Roussillonnaise et Le Radical.

[39] ADPO, 2T5, 22-9-1859.

[40] ADPO, 2T5.

[41] Mention en 1843 in 3E90, décès de son fils à Perpignan.

[42] AC Perpignan, 1G135, matrices contributions mobilières et patentes 1847, p.186. Il est plus âgé que Joseph Bardou d'une dizaine d'années.

[43] ADPO, 803PER8, Journal des Pyrénées-Orientales, n°19, 13 mai 1843 : Établissement fondé en 1839, d'abord situé « Place Grétry, n°3, maison Artus, à Perpignan », il « vient de subir une réorganisation complète et nécessaire ». Direction « par un écrivain d'une des premières maisons de Paris ». « Le zèle, l'activité et les soins apportés aux planches et aux impressions en noir, or ou couleurs, permettent maintenant à cet attelier d'offrir, à des prix peu élevés, une exécution parfaite » ; ADPO, 803PER10, Journal des Pyrénées-Orientales, n°99, 25-12­-1852 : « Lithographie roussillonnaise. Chapé. 15 rue de la Cloche d'Or » ; ADPO, Journal des Pyrénées-Orientales, n°99, 28-12-1855 : « Chapé. Rue du théâtre, 9, au premier, à Perpignan ».

[44] Journal des Pyrénées-Orientales, 26-10-1849.

[45] NOELL René, Essai de bibliographie roussillonnaise, des origines à 1906, Prades, Terra Nostra, 1976, p.27 notice 413-414, et égal. carte du département des PO indiquant la position des thermes et sources minérales, in Bulletin de la SASL des PO, 1851 ; Lithographies de Chapé in V. ARAGON, abbé TOLRA DE BORDAS, J. MARIA, S. VILLALONGUE, Notice historique, religieuse et topographique sur Força-Real, Librairie d'Honoré St-Martori, éditeur, rues de la Loge et de la Barre, Perpignan : carte des environs de l'Ermitage de Notre-Dame de Força-Real. Échelle de 1 à 153.000, p.2. Plan des abords de l'Ermitage de Notre-Darne de Força-Real. Échelle de 0m00025 pour un mètre ou 1/4000, 1859, p.84. Cet ouvrage comprend égal. un ensemble de lithographies de Rouquayrol, de Toulouse ; ADPO 1Fi444, 445, 501 : plans et cartes des années 1850 imprimés par Chapé, lithographe à Perpignan.

[46] ADPO, 803PER10, Journal des Pyrénées-Orientales, n°99, 25-12-1852.

[47] ADPO, 2T5, mention dans le dossier Bardou.

[48] Bulletin SASL 1860 à 1862, p.92, 2° partie. 9° catégorie. Lithographie.

[49] ADPO, 3E33/49, Me Amouroux, 4-1-1865, cité in PRACA E., « Perpignan à l'ère industrielle : l'exemple du papier à cigarettes Job (XIXe-début XXe s.) », Perpignan une et plurielle, op. cit , 2004. Y sont mentionnées 320 pierres lithographiques pour un montant de 1200 francs.

[50] ADPO, 2T5, mention in dossier Bardou. Auguste Chapé est démissionnaire en faveur de Pierre Bardou.

[51] ADPO, 3U1641.

[52] ADPO, 3E33/51 Me Amouroux, 12-3-1866 ; ADPO, 3U1641, prestation de serment le 29-5-1866 ; ADPO 2T3, brevet de typographe.

[53] COMET J., L’ imprimerie à Perpignan depuis les origines jusqu’à nos jours, SASL, n°49, 1908, p.363-364.

[54] Correspondance privée.

[55] Pièce spécialement aménagée au château d'Aubiry (près de Céret) en 1900 par Justin Bardou-Job, fils de Pierre.