Rendez-vous culturels

BARDOU-JOB

"Société Bardou-Job et Pauilhac - Statuts de 1897" - Cf rubrique Articles/Bardou-Job.


PERSONNEL USINE BARDOU

Article : "Personnel ouvrier - Usine Bardou - Perpignan - 1928". Cf rubrique Articles/Bardou.


SAN MARTI

"Pierre Bardou-Job - Exportation de faïences San Marti en Amérique du Nord" - Cf rubrique Beaux-Arts/Arts graphiques


A LIRE

"Joseph Bardou et fils, entreprises de papier à cigarettes à Perpignan" - Cf rubrique Articles/Bardou


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"Joseph Bardou et fils, entreprises de papier à cigarettes à Perpignan" - Cf rubrique Articles/Bardou


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Joseph Bardou et fils, entreprises de papier à cigarettes à Perpignan

 

Au XIXe siècle s’est développé dans les Pyrénées-Orientales un nouveau secteur d’activité dérivé de l’industrie papetière : celui de la fabrication du papier à cigarettes. Parmi les familles qui, au début de ce siècle, se sont aventurées dans cette production nouvelle, figure celle des Bardou dont les deux branches cousines, aînée et cadette, se placent en tête de la production. Représentée par Joseph Bardou et ses descendants, la branche aînée se distingue par le port du seul patronyme Bardou, tandis que la branche cadette se différencie par l’obtention du patronyme « Bardou-Job » en 1878.  

L’objet de cet article est de présenter succinctement les diverses générations et sociétés de la branche aînée, celle des Bardou, et d’en illustrer l’évolution sur un siècle environ (1849-1949). De l’entreprise individuelle à la société anonyme, de la marque Goudron de Norwège à celle du Nil, cette lignée apparaît en effet à l’origine d’un patrimoine considérable, industriel autant qu’artistique, dont les racines se situent dans les Pyrénées-Orientales.

« Joseph Bardou fils » : entreprise individuelle (1849-1862)

Joseph Bardou fils - Perpignan - Avant 1862 - Col. Musée Papier Angoulême

Né le 10 sep­tembre 1823 à Ille-sur-Tet, Joseph Bardou (1823-1884) est le fils de Jean Bardou, qui fut à l’origine boulanger dans cette commune, puis fabricant de « papiers de fantaisie » à Perpignan, promoteur en 1849 de la marque de papier à cigarettes « Job ». Il est le frère aîné de Pierre Bardou (1826-1892), devenu seul propriétaire de la marque « Job » au décès de son père en 1852. Issu d’une famille de petits commerçants, Joseph Bardou exerce tout d’abord le métier de chapelier, dans lequel il débute à l'âge de 19 ans. Ce premier choix professionnel résulte de l’essor de cette activité dans la commune d’Ille sur Tet : à terme, cette commune se définit en effet comme la capitale de la fabrication du chapeau en Roussillon, et la première activité de Joseph Bardou s’inscrit initialement dans ce cadre local.

En 1844, à l’âge de 21 ans, J. Bardou s'établit ensuite en Cerdagne française, sur la frontière espagnole, plus précisément à Bourg-Madame, importante plaque tournante du négoce transfrontalier. Il épouse dans cette zone de montagne Marie Mitjavile, née à la Seo d’Urgel sur le versant espagnol des Pyrénées, fille de Marie Garetta et de Laurent Mitjavile, propriétaire du mas Rondole, l’une des plus grosses exploitations agricoles de Cerdagne française. Originaires de Latour de Carol sur le versant français de la frontière, les Garetta forment pour leur part une vaste fratrie de négociants, notamment en textile et produits coloniaux et alimentaires, également répartie entre France et Espagne.

Finalement installé à Perpignan, chef-lieu des Pyrénées-Orientales, Joseph Bardou y est d’abord répertorié comme « marchand de casquettes » puis, vers 1848-1849, comme « fabricant de papiers de fantaisie », successivement domicilié 19 rue de l'Ange, 4 rue de la Cloche d'Or, ou encore 5 rue de la Poissonne­rie. Selon son témoignage, sa conversion professionnelle dans le façonnage du papier à cigarettes résulte d'une initiation aux procédés de fabrication espagnols acquise lors de son séjour en Cerdagne, au contact d’un com­merçant de l’enclave espagnole de Llivia. De cet échange d’informations naît l’artisanat du papier à cigarettes à Perpignan, initialement mis en pratique par son père, Jean Bardou, et répertorié sous la marque de fabrique Job.

« Joseph Bardou fils et Cie » : 1ère société familiale (1862-1874)

Tandis que ce dépôt de marque est effectué par Jean Bardou en 1849, Joseph Bardou et son épouse dirigent leurs propres ateliers. Le décès paternel en 1852, entraînant l'acqui­sition de la marque par le fils cadet P. Bardou, n'entrave en rien la progression de leurs entreprises. Le cycle de production comprend l’approvisionnement en matière première à Castres (Tarn), ville réputée pour la qualité de ses papiers, l’aromatisation aux plantes du Canigou puis le façonnage sous forme de livrets. La diffusion du produit fini est confiée à un dépositaire exclusif, situé peu avant 1856, 8 rue du Cloître Saint Jacques à Paris. En 1855, à l'exposition universelle de Paris, Joseph Bardou devient le premier fabricant français à obtenir une récompense d’envergure internationale. Dans une période où la réputation des papiers à cigarettes se fonde sur leurs vertus thérapeutiques, la progression des entreprises Bardou apparaît dès lors patente.

En 1862, en raison de la minorité de ses trois enfants, Marie (1850­-1925), Léon (1851-1899) et Eugè­ne (1852-1927), Joseph Bardou prend pour associé son jeune com­mis, Eugène Martre, fils d'un bou­langer perpignanais. Une première société est créée sous la raison sociale « Joseph Bardou fils et Cie » et son siège fixé 22 place des Artigues à Perpignan, dans l’un des anciens couvents de la ville. La société, qui a pour but la fabrication et le commerce du papier à cigarettes, exploite également le brevet de lithographie accordé en 1860 Joseph Bardou, et destiné à l’identification des marques de fabrique. Cette autorisation marque le point de départ de la lithographie industrielle dans le département des Pyrénées-Orientales, concurrençant dès lors la lithographie artistique pratiquée au sein d’entreprises artisanales.

La société « Joseph Bardou fils et Cie » dont le capital est progressivement porté de 10 000 à 28 000 francs, est ensuite recon­duite jusqu'en 1871 sous la gérance d'Eugène Martre, devenu cette même année l'époux de Marie Bar­dou, fille de Joseph. Son siège est alors transféré 27 rue Mailly, au nouveau domicile bour­geois de Joseph Bardou, les apports en capitaux étant augmentés en conséquence.

« Joseph Bardou et fils » : 2nde société familiale (1874-1903)

Chromolithographie "Joseph Bardou et fils"

Intégrant aux affaires tout d’abord Léon Bar­dou, fils aîné, puis en 1882 Eugène Bardou (1852-1927), fils cadet de Joseph, une seconde société au capital de 500 000 francs remplace en 1874 la société initiale, sous la nouvelle raison sociale « Joseph Bardou et fils ». L’entreprise de façonnage de papier à cigarettes s'implante dès lors dans le quartier de la gare en cours d’urbanisation, où la famille prend possession d’un super­be immeuble particulier de trois étages et d’une usine à vapeur bénéficiant précocement de l'éclairage électrique. C'est au cours de cette période de mutations industrielles et patrimoniales que décède Joseph Bardou, le 24 juin 1884, à l'âge de 61 ans.

Une nouvelle étape est franchie l’année suivante, où Eugène Martre se trouve totalement désengagé de l’entreprise familiale, désengagement concomitant de son divorce d’avec Marie Bardou. Une nouvelle société en commandite est désormais fondée avec le papetier charen­tais Adolphe Lacroix, marquant une date charnière dans l’évolution de l’entreprise. Descendant d'une importante dynastie de papetiers fondée au XVIIIe siècle et propriétaire à Angoulême de l'usine du Petit-Montbron, Adolphe Lacroix est fournisseur de l’entreprise Bardou de Perpignan depuis 1883. Fixé à 350 000 francs, le capital de la société est progressivement porté à 750 000 francs en 1895, l'objectif étant d'atteindre le million en 1903.

Dans un premier temps, cette phase de mutations coïncide avec l'apogée de l'industrie perpi­gnanaise promue par la branche Bardou. Conçu par l'architecte toulousain Frédéric Delor de Masbou (1833-1903), l’ensemble patrimonial comprenant l’hôtel particulier édifié dans les années 1880 avenue de la gare à Perpignan, est décoré et gravé de la marque de papier à cigarettes « Goudron de Norwè­ge ». Multipliant les dépôts de marques différentes - plus de 200 entre 1859 et 1924 - l'entre­prise atteint sa plus grande notoriété avec la création en 1887 de la marque « Le Nil », illustrée par le célèbre éléphant souriant et dan­sant, redessiné par l'affichiste Leonetto Cap­piello en 1912.

Effectuée au sein de l’usine édifiée à quelques pas de l'hôtel particulier, la production industrielle est le fait d’une main-d’œuvre presque exclusivement féminine, les célèbres « pape­rettes » rémunérées au taux journalier de 1,5 à 2 francs à la fin des années 1880. A compter de 1885, E. Bardou est pour sa part administrateur de l’Union des Fabricants de France, union nationale et patronale d’entreprises fondée en 1872. Conseiller municipal en 1888, adjoint au maire en 1892, il devient en outre brièvement maire de Perpignan de 1894 à 1896. Environ 600 familles ouvrières sont alors domiciliées dans le quartier de la gare.

« Eugène Bardou et Cie » : 3ème société (1903-1919)

Au tournant du XXe siècle s'amor­ce toutefois le déclin progressif de la lignée, déclin consécutif à la disparition des principaux descendants. Après avoir fondé en 1881 à Barcelone la Ban­co-Franco-Espagnol, Léon Bardou, frère d’Eugène, décède en effet en 1899, à l’âge de 48 ans. Ce décès entraîne la création d’une nouvelle société désormais placée sous la dénomination « Eugène Bardou et Cie », dont le siège est fixé à Perpignan et dont Eugène demeure principal gérant. La société, qui bénéficie fin 1903 de l’apport définitif fait par A. Lacroix de la papeterie de St Cybard à Angoulême, exploite plusieurs dizaines de nouvelles marques de fabrique et dépose une série de brevets à l’étranger.

En-tête Eugène Bardou et Cie

Secondé dans sa gérance par les représentants des familles Duran ou Ribo, issus d’alliances contractées en Cerdagne au fil du temps, Eugène Bardou fait encore édifier sur la commune d’Elne (Pyr.-Or.) un petit château de campagne dénommé « La Bardarolle ». Les deux fils et successeurs d'Eugène Bardou, Jules et Emile, décédant à leur tour lors de la guerre 1914-1918, cette situation entraîne en 1919 la fondation de la société en commandite simple « Bardou, Broussaud, Bonfils et Cie », dernière société en commandite dans laquelle les investisseurs charentais occupent désormais une place prépondérante.

Les sociétés anonymes (1923 et 1924)

Action SA Tabacs et cigarettes Le Nil, Joseph Bardou et fils

Consacrant l’accession définitive des Lacroix d'Angoulême à la tête de l’entreprise, et prolongeant sous une autre forme juridique la société précédente, est en dernier lieu fondée en 1924 la S.A. des « Papiers à cigarettes Le Nil, Joseph Bardou et fils », dont le siège est fixé à l’usine 134 rue de Bordeaux à Angoulême, et dont le capital atteint 4 800 000 francs. Fin 1923, a par ailleurs été fondée rue de Lulli à Marseille, la Société des Tabacs et Cigarettes Le Nil « Joseph Bardou et fils », société coloniale au capital de deux millions de francs, dont le siège social est ensuite transféré avenue de Tunis à Oran (1935).

Dès lors, malgré le décès d’Eugène Bardou à l’âge de 75 ans (1927) et le transfert définitif des activités sur le sol charentais, l’aventure industrielle initiée à Perpignan un siècle auparavant se poursuit encore durant plusieurs décennies. En 1949, est célébré à Angoulême le « centième anniversaire de la société Joseph Bardou », groupant 800 convives sous le slogan « Je ne fume que le Nil » ou « Toujours plus accueillant, Le Nil fête 100 ans ». Depuis Perpignan vers la Charente, Marseille et les colonies, cette itinérance explique enfin la dispersion du patrimoine archivistique, industriel ou artistique en divers points géographiques, dispersion mais aussi rayonnement que l’historien se plaît à rappeler. 

Edwige Praca

 

Bibliographie

PRACA Edwige, « Joseh Bardou, fabricant de papier à cigarettes », article paru dans La Semaine du Roussillon n° 140 du 24 au 29 décembre 1998.

Pour en savoir plus

PRACA Edwige, Usine Joseph Bardou et fils - Avenue de la Gare à Perpignan, site Amis des Bardou, rubrique Articles - Bardou.

PRACA Edwige, Joseph Bardou et fils - Papiers hygiéniques à cigarettes, site Amis des Bardou, rubrique Articles - Bardou.

PRACA Edwige, Eugène Bardou (1852-1927) - Industriel du papier à cigarettes, site Ami des Bardou, rubrique Articles - Bardou.