Rendez-vous culturels

BARDOU-JOB

"Société Bardou-Job et Pauilhac - Statuts de 1897" - Cf rubrique Articles/Bardou-Job.


PERSONNEL USINE BARDOU

Article : "Personnel ouvrier - Usine Bardou - Perpignan - 1928". Cf rubrique Articles/Bardou.


SAN MARTI

"Pierre Bardou-Job - Exportation de faïences San Marti en Amérique du Nord" - Cf rubrique Beaux-Arts/Arts graphiques


A LIRE

"Joseph Bardou et fils, entreprises de papier à cigarettes à Perpignan" - Cf rubrique Articles/Bardou


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La papeterie fine en Roussillon. De l’imitation espagnole à l’innovation française (1758-1878)

 

Succédant à l’invention de la cigarette par les Espagnols, la fabrication artisanale puis industrielle du papier à cigarettes connaît dans le département des Pyrénées-Orientales un essor considérable. Au XIXe siècle, Perpignan devient le berceau de la grande industrie française du papier à cigarettes, notoirement connue par la marque « JOB » et les manufactures s’y rapportant. Cette industrie est toutefois divisée en deux secteurs d’activité : d’une part la fabrication du papier fin[1], d’autre part, le façonnage de ce papier.

L’objet de cette intervention est de retracer une histoire papetière et notamment l’évolution de la fabrication du papier fin, dont les procédés sont perfectionnés à l’initiative des industriels locaux. Que représente en effet la papeterie fine en Roussillon ? Comment s’intègre-t-elle dans l’histoire de la papeterie locale ? Dans quel contexte se développent ces deux secteurs d’activité ?

Après avoir rappelé les origines de la papeterie locale, de l’Ancien Régime à la Révolution française, puis son expansion dans la première moitié du XIXe siècle, seront étudiés le modèle espagnol de fabrication du papier à cigarettes et sa transposition locale (années 1830-1850), la papeterie à Perpignan et son adaptation technique (1850-1860), la mécanisation de la papeterie fine et ses conséquences (1857-1878).

La papeterie roussillonnaise au siècle des Lumières

Si l’on se réfère aux travaux menés par ailleurs, c’est plutôt au XVIIe siècle que se situent les origines « modernes » de la papeterie méridionale : ainsi l’activité papetière se fixe en Ariège, dans la région de Saint-Girons, dans la seconde moitié du XVIIe siècle[2].

Dans la région orientale des Pyrénées, politiquement réunie à la France en 1659, l’introduction de l’industrie papetière apparaît plus tardive. C’est en effet au XVIIIe siècle, dans le cadre d’un premier essor manufacturier de la province du Roussillon, que se situe l’émergence de ce secteur d’activité.

Outre l’industrie du fer et du textile, existant à divers stades de développement dans l’espace local, s’implantent en effet d’autres manufactures, tant en milieu  urbain que rural : deux savonneries, une fabrique royale de poudres et une manufacture d’eau forte dans la ville de Perpignan, une manufacture de faïence à Thuir, une papeterie sur le territoire de Catllar, commune située dans la zone de moyenne montagne du Conflent[3].

Construite vers 1758, cette papeterie hydraulique est la première édifiée dans la province du Roussillon au siècle des Lumières. Sa fondation s’inscrit dans un vaste contexte de soutien aux fabriques nationales : interdiction de faire des amas de vieux drapeaux et de peilles servant à la fabrication du papier à moins de quatre lieues des côtes et des frontières du royaume (1755)[4], interdiction d’établir aucune fabrique de papier à moins de quatre lieues des frontières ou des côtes maritimes, interdiction d’exporter les matières premières nécessaires à la fabrication du papier et de la colle, taxation des importations de papiers (1771)[5].

La création du moulin de Cattlar se situe entre ces deux dates, dans une période de renforcement du protectionnisme français. Illustrant l’influence des Lumières aux limites du royaume, la création de ce moulin papetier est due à Denis ou Dionis Vilar, avocat à Prades puis juge dans la localité voisine de Vinça. A Prades, cité administrative du Conflent, la lignée des Vilar est alliée aux Tolra-Saleta, donnant à la ville divers magistrats ainsi qu’un procureur-syndic à la Révolution française. La propriété revient ensuite à Françoise Vilar, épouse Desforge de Montagnas, d’une lignée périgourdine[6].

Sous l’Ancien Régime, les débuts de l’industrie papetière en Roussillon s’effectuent donc à l’initiative d’une bourgeoisie urbaine et éclairée et de la noblesse locale ou alliée.

Techniquement, les conditions d’établissement de la papeterie de Catllar sont identiques à celles rencontrées dans d’autres régions papetières situées dans des contrées montagneuses : abondance et limpidité des eaux, force motrice fournie par des rivières au cours rapide. Ce moulin à deux roues, quatre piles à broyer le chiffon et une cuve unique pour la pâte, est en état de fournir huit rames de papier par jour. Il s’agit d’un moulin d’importance relative par le nombre de cuves mais son local se trouve situé sur une dérivation de la Têt offrant l’avantage de ne « tarir jamais ».

Bien que son expansion soit freinée par des questions financières, l’entreprise apparaît propice au développement, comme en témoigne, quoique demeurée sans suite, une demande faite par son propriétaire d’ériger l’usine en papeterie royale[7].

Surtout, l’exploitation de la papeterie de Catllar est catalane, sous l’influence directe de la Catalogne voisine: le moulin est affermé à Dominique Fagol, habitant de la ville de Gérone, qui y emploie une dizaine d’ouvriers catalans[8]. Cette influence transfrontalière s’explique alors par le développement pris par la papeterie en Catalogne espagnole. A compter de 1765, la liberté du commerce vers l’Amérique y consolide des zones de production papetière extrêmement denses.

Autour de La Riba (Alt Camp) se concentre vers 1775 la majeure partie des moulins papetiers catalans. Entre 1769 et 1782, de grands fabricants de la région de Capellades, non loin de Barcelone, obtiennent en outre le monopole de la fabrication du papier destiné à la Fabrique royale de tabacs de Nouvelle Espagne. Avec environ 90 moulins papetiers établis sur les principaux cours d’eau[9], cette phase correspond « à l’époque dorée de l’industrie papetière catalane ».

En Roussillon, l’influence catalane est donc forte, y compris dans les trafics illicites. En effet, l’importation de papier et de tabac se fait également par contrebande, notamment par le port de Banyuls, à proximité de la frontière maritime et par les chemins de crête des Pyrénées.

Dans le même temps, les informations relatives aux nouveautés techniques se diffusent également du nord au sud de la France. L’Intendance du Roussillon est informée des études de Nicolas Desmaret, inspecteur des manufactures et membre de l’Académie des sciences, ayant effectué dans les années 1770 plusieurs visites en Hollande[10]. Celui-ci est un ardent propagateur des cylindres inventés par les Hollandais pour découper et affiner la pâte, remplaçant ainsi le système des maillets et pilons traditionnels. Selon Louis André, Desmaret « joue pour la papeterie un rôle équivalent à celui de Vaucanson pour la soie »[11].

La Révolution française, révélateur des besoins papetiers

A la Révolution française, l’émigration massive et la guerre aux frontières freinent dans un premier temps le développement de la papeterie locale. La pénurie s’installe au moment même où s’accroît la demande en papier, doublement liée au processus de structuration de l’administration et à la séparation des familles de notables émigrés.

Localement, la papeterie de Catllar est en arrêt. Les ouvriers n’y sont plus employés en raison de la guerre contre l’Espagne (1793-1795)[12]. Suite à l’émigration de l’héritier, une partie des biens du propriétaire est confisquée par l’Etat[13].

Dès 1791, l’administration départementale tourne dès lors ses regards vers l’intérieur de la France et s’approvisionne dans le Massif Central, principale région papetière avec la Normandie et la Lorraine. A Thiers, principal centre de la production de l’Auvergne avec Ambert[14], il est fait appel à Malmenayde Montmeillant fils aîné, l’un des plus importants fabricants de papiers.

Celui-ci, qui a un commissionnaire à Clermont, travaille à la commande et déclare pouvoir fournir « toutes les sortes de papier dont le département pourrait avoir besoin », en se conformant le plus possible aux échantillons envoyés. Il fournit ainsi diverses sortes de papiers en rames, « écu bulle, écu fin, papier à la lecture », couronne fine, petit papier à lettres, grandes feuilles, mais aussi rames de papier gris destiné à la fabrication des cartouches[15].

Approvisionnant dans le même temps d’autres départements français, Malmenayde contribue à l'accroissement de sa fortune, avant l’implantation de sa lignée dans la capitale[16].

En 1794, la pénurie généralisée incite la Convention nationale à légiférer sur le recyclage des vieux papiers imprimés et écrits « devenus inutiles ». Leur « brûlement » est désormais suspendu « dans l’espérance d’en retrouver la matière ». Suite à « l’encombrement formé dans certaines communes » par ces papiers, celle-ci espère que des entrepreneurs « se proposent de former des établissements » pour leur refonte. Une instruction est émise pour en expliquer les procédés et opérations techniques, effectués après avoir ôté du papier les dos garnis de colle et de ficelle, les cachets, timbres et autres corps étrangers[17].

A terme, la Révolution et le retour à la paix agissent comme un révélateur des besoins locaux. En 1796, le moulin de Cattlar est à nouveau baillé pour quatre ans à deux négociants, l’un de Perpignan, l’autre de Banyuls-sur-Mer, village côtier proche de la frontière espagnole et centre d’une contrebande protéiforme[18]. La même année, avec l’aide financière tirée du bail, les propriétaires rachètent directement leurs biens confisqués à l’Etat[19].

Deux ans après la fin de la guerre contre l’Espagne, en 1797, est créé à Prades un second moulin à papier[20]. Sa fondation précède d’un an l’invention fondamentale de la machine à papier par Louis Nicolas Robert, permettant une production en continu (1798-1799).

A la fin du siècle, la papeterie de Catllar engrange à nouveau « les peilles et les vieux chiffons de linge », récupérant auprès des propriétaires le précieux chaudron en cuivre pour fabriquer la colle[21]. Son volume de production rejoint le cours annuel de 2500 rames, identique à celui précédant la Révolution.

Qualitativement, les papeteries de Prades ou de Catllar peuvent produire du papier « tant gris que blanc », mais provisoirement, leurs ressources « sont telles qu’elles ne font la plus grande partie de l’année que du papier gris ». Dès lors, selon une enquête administrative, les productions locales ne peuvent être comparées au « produit des grandes fabriques du pays ni de celles d’Olot en Espagne ».

Toutefois, si la production roussillonnaise consiste en papier ordinaire, l’investissement local en matière d’équipement est patent: les deux fabriques des Pyrénées-Orientales comptent désormais cinq cuves, soit deux à trois cuves par fabrique[22]. Or, en 1812 encore, les statistiques dénombrant en France 710 papetiers et 923 cuves, 82% des moulins à papier ne possèdent qu’une seule cuve et seules 33 papeteries sont équipées de trois cuves et plus[23].

Avec un développement tardif et numériquement faible -deux nouveaux moulins papetiers-, les Pyrénées-Orientales intègrent donc désormais l’arc de production ariégeois et sud-catalan, mais abordent le XIXe siècle avec un réel intérêt pour la production papetière.

Enfin, à la fin du XVIIIe siècle dans les Pyrénées-Orientales, les référents culturels en matière d’excellence papetière sont à la fois la France et l’Espagne[24]. L’exploitation du moulin de Catllar n’est plus exclusivement catalane et par nécessité, la Révolution a activé les contacts avec ces deux zones géographiquement distinctes.

L’expansion papetière et ses dérivés dans la 1e moitié du XIXe siècle
 
Selon le mouvement général de la France, le nombre de papeteries se développe ensuite dans les Pyrénées-Orientales. Trois d’entre elles sont concentrées en Conflent, foyer historique de la papeterie locale. Ainsi, le berceau de Catllar s’éteint en 1822, remplacé par le moulin de Prades. Celui-ci est passé aux mains du papetier Desforge de Montagnas, par ailleurs maire de Prades en 1815[25].

Dans les villages voisins s’établissent deux autres moulins à papier, l’un à Ria, existant avant 1844, l’autre à Joch, fondé par un papetier de Ria (1858)[26]. L’activité de papeterie descend également de la montagne vers la plaine, en direction du chef-lieu. A Perpignan, centre de négoce, se fixe l’entreprise du fabricant Dangée, probablement établie après la crise de 1830 et répertoriée en 1834[27].

En tous les cas, l’expansion demeure localisée au cœur du département, à l’écart des zones frontalières. En vertu de la lutte contre la fraude, les lois de 1791 puis de 1806 interdisent en effet, hors des villes de plus de 2000 habitants, l’implantation dans l’étendue du rayon des douanes, d’« aucune clouterie, papeterie ou autre grande fabrique, sans l’avis du Préfet du département et celui du directeur des Douanes ». La mesure est étendue dans les années 1830 aux « simples ateliers de fabrication ».

Face à la demande croissante, cette réglementation stimule la contrebande, dont celle du papier à écrire. En Haut-Vallespir, région la plus proche de la frontière, « on fournit les mairies et les écoles …en bon papier de J. Whatman, Tubden Mill », fabriqué à Bath, en Somerset, Angleterre.

En 1840, ce papier à lettres, « certainement acheminé par les sentiers de contrebande via Gibraltar et Banyuls », est utilisé « par les autorités officielles elles-mêmes », maire et commissaire de police de la commune frontalière de Saint-Laurent-de-Cerdans[28].

Dans le même temps, succédant à la période dorée de la fin du XVIIIe siècle, la papeterie de Catalogne espagnole traverse une crise, accentuée par l’occupation napoléonienne de 1808 à 1814 puis par l’expédition royaliste des « Cent mille fils de St Louis » de 1823 à 1827[29].

Ce contact favorise dès lors la transmission puis l’importation, par les soldats français, d’une pratique culturelle selon laquelle, dans un pays jusqu’alors à forte production papetière, le tabac roulé à la main est fumé dans du papier, en cigarros ou cigarritos[30].

La pratique du découpage des feuilles de papier à cigarettes s’instaure dès lors à la frontière des Pyrénées-Orientales, aux avant-postes de la vallée du Tech et de la Cerdagne et s’étend jusqu’à ce que des ateliers à domicile diffusent cette production en la commercialisant[31].
 
Egalement phénomène politique, la cigarette, selon Didier Nourrisson, commence sa carrière à succès en France après la révolution de 1830 : « Il sera de bon ton chez les jeunes bourgeois frondeurs de narguer Louis-Philippe, monarque anti-tabac, en fumant dans les salons des cigarettes de contrebande »[32].
 
L’implantation des fabriques à la frontière n’étant pas interdite, mais réglementée, les premiers ateliers de façonnage de papier à cigarettes se créent localement sur autorisation à la fin des années 1830, contribuant au développement en France d’un nouveau secteur d’activité dérivé de la production papetière[33]. Selon Denis Peaucelle, le fait de proposer des cahiers de feuilles prêtes à l’emploi s’est également répandu dans la région de Tarbes et dans l’Hérault[34].
 
La promotion de la production passe désormais par son identification. En 1849, le Perpignanais Jean Bardou obtient ainsi un brevet d’invention pour la marque JOB, première marque de papier à cigarettes déposée en France. L’expansion de l’industrie du façonnage conduit ensuite à une diversification des marques. De 1849 à 1914, environ 35 façonneurs des Pyrénées-Orientales sont répertoriés comme dépositaires d’une marque de fabrique, dont une majeure partie à Perpignan[35]. Dès le Second empire, de nombreuses marques sont également déposées à Toulouse[36].
 
Dans la première moitié du XIXe siècle, la présentation des livrets de feuillets apparaît toutefois comme une transposition directe du façonnage espagnol. La marque JOB elle-même est « connue sur les papiers Espagnols, d’où Jean Bardou l’avait imitée »[37].

Si le modèle du façonnage est espagnol, les référents en matière de papeterie sont désormais français. Les façonneurs locaux se détournent en effet de la Catalogne en ce qui concerne la fourniture de papier, affirmant tous vouloir utiliser du papier français.
 
Cette option ne correspond pas seulement à une obligation légale. En 1842, Abdon Dalmau, façonneur à St-Laurent-de-Cerdans, déclare vouloir utiliser du papier de Castres, ville papetière réputée. Jean Bardou s’adresse à divers fabricants de papiers en France, pour la fourniture de papier à cigarettes en rames. Il s’approvisionne également à Castres, auprès des papeteries Gary et Rouanet, y stimulant une production de qualité.
 
Le papier initialement utilisé est de fait relativement épais, fabriqué à la main, permettant son immersion dans des bains aromatisés sans trop de risques de délitement. J. Bardou requiert pour sa part un papier blanc spécialement « fabriqué selon ses prescriptions », ensuite transformé par aromatisation et coloration en trente variétés de papiers à cigarettes. Il fournit ainsi à la clientèle des papiers blancs « nature » et des papiers aromatisés « de luxe ».

La papeterie locale semble également se diversifier, les goûts de la clientèle en portant du moins témoignage. Dès les années 1840, les Parisiens sont informés qu’on manque totalement de papier à cigarettes en Espagne: « il est recommandé de s’en procurer à Perpignan ou Toulouse »[38].

En 1840, Théodore Burette, dans un ouvrage intitulé « Physiologie du fumeur », précise également que les fumeurs de cigarettes ont une préférence pour le tabac américain et, à défaut du papier de Barcelone, « c’est le papier de Perpignan » qu’ils préfèrent. La réputation de Perpignan traduit dès lors la naissance dans les Pyrénées-Orientales, d’une papeterie fine et spécialisée.

En résumé, la première moitié du XIXe siècle est marquée en Roussillon par une augmentation du nombre de papeteries, une diversification des secteurs d’activité liés au papier et l’émergence d’une papeterie fine dans le prolongement d’une papeterie ordinaire. En outre, dans de grands centres papetiers extérieurs au département, se profile l’influence des façonneurs locaux sur la qualité de fabrication du papier.

La papeterie fine, de la fabrication traditionnelle à la mécanisation

Au plan technique, la mécanisation a progressé depuis le début du XIXe siècle, les mécanismes de production des papiers continus se propageant rapidement. Selon Louis André, la diffusion de la machine est la suivante: 54 machines à table plate en France en 1834, 175 en 1845[39].  La première papeterie mécanique établie à Toulouse date de 1835[40]. Jusqu’en 1860 se développe donc en France une première phase de mécanisation, correspondant à une première grande période d’expansion industrielle.

A titre d’exemple, la papeterie mécanique de Prades comporte, en 1851, un cylindre avec sa pile, ses rouages, une machine en bois servant à faire le papier, un ruisseau dont les eaux mettent en jeu les divers mécanismes, une autre maison composée de magasins pour les chiffons[41]. Appelée à une production moins sensible que celle du papier fin, elle devient ensuite cartonnerie, s’orientant, à l’image d’une multitude d’autres papeteries françaises, vers une production promise à un grand avenir. Livrant probablement du carton pour les couvertures des livrets JOB, la papeterie pradéenne perdure jusqu’au vingtième siècle.

En raison d’un inégal fonctionnement des machines inventées en papeterie et, partant, de l’inégal résultat des productions, la mécanisation du papier destiné aux cigarettes suscite toutefois la méfiance. Pendant longtemps en effet, le public n’accorde sa confiance qu’aux papiers vergés fabriqués à bras. « Il a fallu vingt ans », confirme un dictionnaire de 1874, « pour que toutes les fabrications à bras fussent remplacées par des machines et pour que le public adoptât le papier à cigarettes à la mécanique »[42].

C’est toutefois dans un contexte d’expansion économique que Pierre Bardou, héritier de la marque JOB, intègre à son industrie de façonnage celle de la papeterie, en transférant, sous le Second empire, la fabrication du papier nécessaire à son activité, de Castres à Perpignan.

Dans le chef-lieu des Pyrénées-Orientales, Perpignan confirme son statut de ville papetière. En 1854 Pierre Bardou afferme à cet effet le moulin de la Miséricorde, sur le ruisseau du Ganganeil, ainsi qu’une partie du moulin del Fuster comprenant des terres et un corps de logis servant de maison de maître[43].

La transformation du moulin à farine du Ganganeil en papeterie se fait sans difficulté. En ce qui concerne la partie hydraulique, une papeterie peut en effet remplacer sans travaux difficiles un moulin à farine, comme c’est le cas du moulin de la Miséricorde. Pour les fabriques de papiers fins, il faut un débit modeste, une pente rapide -les moulins à farine ou à huile sont installés à des ruptures de pente-, des barrages peu élevés (2,5 à 4,5 m) utilisant uniquement une petite partie du débit.

Ils seront plus tard mal adaptés à la papeterie au bois mécanique, mais conviennent à la fabrication des papiers fins que produisent d’abord des papeteries de faible puissance[44]. En tout état de cause, dans la plaine du Roussillon  moins arrosée que la partie pyrénéenne, le moulin de la Miséricorde convient à l’affaire.

En un temps où la papeterie est encore partagée entre méthode traditionnelle et techniques modernes, Pierre Bardou produit d’abord, jusqu’en 1861, du papier à la cuve, jugé d’une qualité plus fine que celui à la mécanique. En raison de problèmes de voisinage avec les usagers du ruisseau, il continue néanmoins à se fournir à Castres auprès du papetier Gary, en « rames cigares petites verjure fine » (1855-1856).

Deux ans plus tard, il fait installer chez ce papetier  « neuf cuves à la brasse » qui fonctionnent encore correctement une décennie plus tard. Ainsi, le façonnage local intervient au-delà des Pyrénées-Orientales, dans le développement à grande échelle de la papeterie traditionnelle, dernière étape avant sa mécanisation[45].

C’est en effet à compter de 1855, alors que la mécanisation est en cours, que se créent en France, de 1855 à 1875, une dizaine de papeteries à la mécanique, spécialisées pour leur part dans la production de papier à cigarettes, c’est-à-dire désormais de papier fin, dont Bolloré dans le Finistère en 1861, Lacroix à Angoulême[46].
 
Dans ce contexte, l’année 1857 est essentielle : elle marque le choix délibéré de Pierre Bardou de se fournir en papier mécanisé, dans le but d’accroître sa production. Il se fournit à cet effet à Paris à la maison Malmenayde, en rames de papier d’un format double de celui de Gary, non vergé mais beaucoup moins cher, dans lequel il fait insérer le filigrane Job. C’est en effet à lui que l’on doit, selon ses dires, l’invention du papier blanc vergé ou filigrané, sans colle, à la machine, créé en 1859 chez Malmenayde et qui était jusqu’alors « resté à l’état de problème à résoudre »[47].
 
Enfin, en s’adressant à deux papetiers à Castres et Paris, Pierre Bardou fait jouer la concurrence qui s’est instaurée entre les papeteries mécaniques, produisant désormais une largeur de papier plus ou moins grande en fonction de la taille de leurs machines.

La démarche effectuée par Pierre Bardou pour le papier JOB est identique chez son frère Joseph. En 1857, Joseph signe un traité de commerce avec Hippolyte Coste, l’un des meilleurs papetiers de son temps[48]. Celui-ci est devenu dix ans plus tôt (1847) propriétaire de la très importante usine des Salvages, à Burlats près de Castres[49], qui comprend la troisième machine à papier introduite en France en 1828, compte 100 ouvriers et consomme 1200 kg de chiffons par jour. Celle-ci produit à la fois des papiers à la cuve et à la machine, des papiers à cigarettes et invente un nouveau modèle de filtre débitant 300 à 800 litres d’eau par minute.

Coste fait partie des papetiers qui diversifient leur production. En 1858, il remporte à l’exposition de Toulouse une médaille d’or pour ses produits, notamment un nouveau papier d’emballage à base de cordes, suffisamment solide pour expédier de la bonneterie vers le Levant. J. Bardou remporte pour sa part une médaille d’argent pour ses papiers faits à la papeterie des Salvages « de vieux chiffons de chanvre et de lin que l’usage a naturellement blanchi sans chlore ». A cette époque, il utilise à Perpignan 2 000 rames de papier par an[50].

A ces amples mutations techniques, s’ajoute la résolution de divers problèmes annexes à la fabrication proprement dite. La multiplication des largeurs de papier pose en particulier la question du coupage. Guillaume Massiquot, qui obtient en 1848 son premier brevet pour une machine à couper le papier[51], est l’inventeur en 1855 d’une coupeuse à double jeu de lame permettant de couper le carton et le papier, spécialement conçue pour la maison Bardou-Job[52].

De 1850 à 1860, Perpignan est donc ville papetière, également approvisionnée à la fois en papier à la mécanique et en papier traditionnel pour le façonnage du papier à cigarettes. Producteurs de papiers fabriqués de manière traditionnelle, les façonneurs Pierre et Joseph Bardou sont en outre acquéreurs de papiers mécaniques, en faveur desquels ils font un choix marqué en 1857. Plus encore, pour des raisons de rentabilité industrielle, Pierre Bardou devient également concepteur en France d’installations innovantes contribuant à l’essor de la papeterie fine.

En résumé, le modèle d’origine catalane est donc complètement abandonné, sauf sur un point. Ayant fait fortune, Pierre Bardou-Job est propriétaire durant quelques années d’un vaste domaine à Coustouges (Can Damon, 89 ha), dont une limite confronte très exactement « du midy au royaume d’Espagne »[53].

Sans scrupule et chargé d’innovations, le papier fin français prend alors en retour le chemin buissonnier vers l’Espagne, où désormais le papier à cigarettes qui se fabrique, « sans être absolument mauvais » endosse « le double défaut d’être trop épais et de charbonner »[54].

Les conséquences de la mécanisation

Adoptée en 1857 par les principaux façonneurs locaux, la mécanisation de la papeterie est à l’origine d’une augmentation marquée de la production. Dès lors, après 1860, leur poids dans la fabrication papetière s’accentue encore.

Dans un premier temps, les commandes respectives des frères Bardou[55] pour la fourniture des rames de papiers à cigarettes ont eu lieu principalement dans le Midi. A la fin de la décennie, elles s’étendent à plusieurs autres régions françaises: chez Rouanet, Coste, Gary père et fils à Castres, Malmenayde à Paris, Mauduit en Bretagne, Laboureaud et Lasvignes à Saint-Girons, en Ariège.

Surtout, la nécessité d’uniformiser au plan qualitatif cette production mécanisée, spécialisée mais dispersée, les oblige à en superviser le déroulement. En définitive, les industriels locaux jouent au niveau national un rôle majeur dans le perfectionnement des techniques de l’industrie papetière.

On connaît ainsi en 1867 les techniques de fabrication de la papeterie Laboureaud et Lasvignes, sise au Plagnol sur la commune de Saint-Girons en Ariège. La pâte à papier qui y est fabriquée fournit le papier à cigarettes de marque JOB. Elément essentiel de la fabrication,  les chiffons y font l’objet « d’une sélection rigoureuse » : il s’agit d’un mélange de chiffons de chanvre en provenance de Saintonge, de Bretagne et des bords de la Garonne, et de chiffons blancs de toile faites avec les fils du pays. Couramment, on y joint aussi des toiles de campement, des voiles de navires et des cordages.

Ces chiffons sont lessivés et subissent un blanchiment au chlore, immédiatement suivi d’un traitement anti-chlore afin de détruire l’odeur et le goût du premier agent. Après le délissage et le nettoyage des matières premières, ils sont classés en quatorze qualités différentes, dont le mélange donne trente variétés de papier JOB. Ce mélange s’opère dans des cylindres raffineurs après le blanchiment, le lessivage et la trituration des chiffons.

Au terme du processus, les rouleaux de papier à cigarettes sont produits par machine et mesurent 500 mètres de long, ce qui est alors un record, « quand on connaît la légèreté extrême de ce papier produit par la machine et sans colle ».Selon l’appréciation de l’époque, la longueur de ces bobines fabriquées sans colle réside dans la qualité de la matière première.

Dans le détail, la sélection des chiffons est en effet jugée primordiale; de leur qualité dépend la pâte à papier qui doit se détacher sans se rompre de la presse humide, première étape de l’égouttage. Cette presse est alors un « lourd cylindre en fonte », en rotation continue, qui transmet la matière en préparation « aux grands cylindres sécheurs creux, continuellement pleins de vapeur à une température de plus de 100 degrés ».

A la sortie des sécheurs, le produit fini est enroulé sur un dévidoir qui crée en quelque sorte « un écheveau de papier aussi gros que l’on désire ». Arrivés à Perpignan, les papiers blancs commandés en rames sont à nouveau traités, épurés, aromatisés, colorés suivant l’arôme et réduits en formats de différentes dimensions[56].

En réalité, la papeterie du Plagnol ne constitue qu’une étape dans le processus de développement de l’industrie JOB. Après avoir pendant environ vingt ans commandé et expérimenté la fabrication mécanique auprès de papetiers extérieurs, Pierre Bardou-Job fait désormais l’acquisition d’une papeterie mécanique.

En 1875, il charge ainsi Laboureaud, le papetier directeur de l’usine du Plagnol, d’adapter une seconde papeterie, celle de la Moulasse, à la fabrication du papier à cigarettes[57]. Celle-ci nécessitant une quantité d’eau claire plus importante qu’en papeterie ordinaire, la réussite de la papeterie du Plagnol est consécutive à la découverte, vers 1878, d’une nappe d’eau située juste sous l’usine.

La papeterie de la Moulasse, située de même à Saint-Girons, bénéficie également de la captation d’une source à quelques kilomètres en amont, dont l’eau est canalisée jusqu’à l’usine[58].

Marquant une apogée du façonnage en Roussillon et un nouveau souffle pour la papeterie ariégeoise, région précédemment spécialisée dans la fourniture de papier pour l’imprimerie et les journaux, ces travaux fructueux sonnent probablement le glas de la petite papeterie perpignanaise.

Les façonneurs locaux dessinent ainsi une nouvelle géographie de la papeterie fine, ayant pour pôle, d’une part, l’Ariège et d’autre part, l’Angoumois. Laboureaud, papetier en Ariège est en effet originaire d’Angoulême, l’une des principales régions papetières après la mécanisation. De fait, la lignée Bardou-Job fixant ses papeteries en Ariège, celle de Joseph Bardou les fixera bientôt en Charente, en association avec le papetier Lacroix[59].

En conclusion, de l’imitation espagnole à l’innovation française, l’histoire de la papeterie fine en Roussillon intègre en réalité plusieurs espaces géographiques distincts. Toutefois, cette histoire n’est qu’une facette de l’activité papetière comprise dans un sens plus général. Un recensement exhaustif des entreprises et de leurs techniques, l’analyse de leurs structures et de leur hiérarchie devraient permettre de mieux percevoir le rôle de ce secteur d’activité économique en Roussillon, voire au-delà.

En outre, nombre d’imprimeurs, typographes, graveurs, journalistes, photographes, toutes professions liées à l’existence du papier, ont joué en Roussillon un rôle social et politique indéniable. L’histoire de la papeterie locale s’avère donc un champ de recherches ouvert, porteur de stimulantes perspectives.  

Edwige Praca


Notes

[1] L’expression est ici employée pour désigner du papier de faible grammage.

[2] HENRY Simone, « L’industrie papetière dans le Saint-Gironnais », Revue géographique des Pyrénées et du Sud-Ouest, fascicule 1-2, tome XVII-XIX, 1947-1948, p. 56.

[3] PRACA Edwige, Le siècle des Lumières en Roussillon. Textes, documents, iconographie, 2004. Etude préparatoire à l’exposition éponyme tenue aux Archives Départementales des Pyrénées-Orientales du 13-10 au 31-12-2004.

[4] ADPO, 1C1318. Arrêt du Conseil d’Etat du roi du 18-3-1755.

[5] ADPO, 1C1318. Arrêts du Conseil d’Etat du 21-8-1771. Les importations de papiers de diverses qualités sont taxées 12 livres par quintal pour les papiers gris, bruns, bleus et autres couleurs et les papiers dits brouillards, 20 livres les papiers blancs, 26 livres les papiers marbrés, 33 livres les papiers dorés ou argentés.

[6] Communication de recherches généalogiques : Guy BARNADES.

[7] Comité d’animation de Catllà, Un village, une histoire, Catllà, 1996, p.25 et ADPO, 1C1318, 1776.

[8] Comité d’animation de Catllà, Un village, une histoire, Catllà, op. cit. et ADPO, L482.

[9] DELGADO Josep M. «La fabricació manual de paper a Catalunya», p.16-23.

[10] ADPO, 1C1318, DESMAREST, Second mémoire sur la papeterie, décembre 1774, en particulier p.66 et sq.

[11] ANDRE Louis, Machines à papier. Innovations et transformations de l’industrie papetière en France, 1798-1860, Paris, 1996, p.57.

[12] Comité d’animation de Catllà, Un village, une histoire, Catllà, op.cit.p.25.

[13] ADPO, doc. Guy BARNADES.

[14] ANDRE Louis, Machines à papier. Innovations et transformations de l’industrie papetière en France, 1798-1860, op.cit. p.41.

[15] ADPO, L482.

[16] ANDRE Louis, Machines à papier. Innovations et transforma-tions de l’industrie papetière en France, 1798-1860, op.cit. p.223 : En 1823 son fils Genest Benoît Malmenayde, marchand de papier en gros installé  à Paris, accroît sa fortune en épousant la fille d’un autre marchand papetier de Thiers.

[17] AD Haute-Garonne, Br.8°2284, Instruction pour parvenir à opérer la refonte du papier imprimé et écrit, 4 prairial an II.

[18] ADPO, 3E21/496, 28 pluviose an IV. Le bail s’élève à 350 livres par an payables en numéraire métallique.

[19] ADPO, doc. Guy BARNADES.

[20] ADPO, L482, réponse à l’enquête de l’administration centrale du 8 frimaire an VI.

[21] ADPO, 3E21/496, op.cit. Sur l’importance du collage du papier, cf. ANDRE Louis, op.cit. p.71 et sq.

[22] ADPO, L482, op.cit.

[23] ANDRE Louis, Machines à papier. Innovations et transformations de l’industrie papetière en France, 1798-1860, Paris, 1996.  Nombre de papetiers et de cuves : p.118. Moulins à une cuve : p.31. Moulins à trois cuves et plus : carte p.42. Les moulins locaux ne figurent pas sur la carte.

[24] ADPO, L482, réponse à l’enquête de l’administration centrale op.cit. Il est remarquable de noter que la question était : « Quelle est la comparaison des produits avec des fabriques étrangères les plus renommées en ce genre ».

[25] DELAMONT Ernest, Histoire de la ville de Prades, 1878, p.281. Montagnas est maire de Prades en 1815.

[26] ROSENSTEIN Jean-Marie, Les moulins en Conflent, Prades, p.76.

[27] Annuaire statistique et historique du département des Pyrénées-Orientales pour l’année 1834, Perpignan, 1834, p.242.

[28] SAQUER Jacques, « La frontière des Pyrénées Orientales à l’époque romantique et l’étonnante République Contrebandière de Banyuls-sur-Mer », Pyrénées n°127-128, juillet-décembre 1981, p.290-291.

[29] WOLFF Philippe (ss. dir.), Histoire de la Catalogne, Toulouse, 1982, chapitre 14 « La crise de l’Ancien Régime (1808-1833), p.411-421.

[30] PEAUCELLE Denis, « L’industrie du papier à cigarettes au XIXe siècle : fabrication, transformation et négoce », International Paper Historian Congress Book, 1994, p.1-2.

[31] PRACA Edwige, « Les premiers ateliers de façonnage du papier à cigarettes dans les Pyrénées-Orientales. 1838-1858 », Conflent n°208, Prades, juillet-août 1997, p.31-45.

[32] NOURRISSON Didier, « La cigarette, histoire d’une allumeuse », Info Respiration n°37, mai-juin 2000.

[33] PRACA Edwige, « Les premiers ateliers de façonnage du papier à cigarettes dans les Pyrénées-Orientales. 1838-1858 », op.cit.

[34] PEAUCELLE Denis, « L’industrie du papier à cigarettes au XIXe siècle : fabrication, transformation et négoce », op.cit. p.105.

[35] PRACA Edwige, « Perpignan à l’ère industrielle : l’exemple du papier à cigarettes Job (XIXe-début XXe siècle) », Perpignan une et plurielle, Canet-Perpignan, 2004, p.156, d’après la liste dressée par Denis PEAUCELLE, conservateur du musée du papier d’Angoulême.

[36] AD Haute-Garonne, M115.

[37] PRACA Edwige, « Perpignan à l’ère industrielle : l’exemple du papier à cigarettes Job (XIXe-début XXe siècle) », op.cit., p.159.

[38] Grand Dictionnaire industriel, 1866-1876, tome XII, étude parue en 1874 : « Papier à cigarettes », p.152. Un Parisien demandant à un ami espagnol de lui rapporter du papier à cigarettes reçoit la réponse qu’en Espagne « on en manque totalement, mais on en attend d’un jour à l’autre de Perpignan ou de Toulouse ».

[39] ANDRE Louis, Machines à papier. Innovations et transformations de l’industrie papetière en France, 1798-1860, op.cit. p.153.

[40] Rapport de l’exposition de Toulouse, 1867, section de l’industrie, classe IX : arts divers, chapitre 1er , papeterie, p.647-648.

[41] ROSENSTEIN Jean-Marie, Les moulins en Conflent, op.cit., p.76.

[42] Grand Dictionnaire industriel, 1866-1876, tome XII, op.cit.

[43] PRACA Edwige, « Perpignan à l’ère industrielle : l’exemple du papier à cigarettes Job (XIXe-début XXe siècle) », op.cit., p.161.

[44] HENRY Simone, « L’industrie papetière dans le Saint-Gironnais », Revue géographique des Pyrénées et du Sud-Ouest, op.cit., p.60-63.

[45] Rapport de l’exposition de Toulouse, 1867, op.cit., p.654.

[46] PEAUCELLE Denis, « L’industrie du papier à cigarettes au XIXe siècle : fabrication, transformation et négoce », op.cit. p.106.

[47] ROUFFIANDIS Louis, « Historique de la marque Job », Cahiers Job, Toulouse, 1958, p.6 et rapport de l’exposition de Toulouse, 1867, op.cit., p.654.

[48] PEAUCELLE Denis, « L’industrie du papier à cigarettes au XIXe siècle : fabrication, transformation et négoce », op.cit. p.106.

[49] ANDRE Louis, Machines à papier. Innovations et transformations de l’industrie papetière en France, 1798-1860, op.cit. p.209 : la papeterie de Salvatges fait partie des sociétés anonymes pionnières fondées autour de 1830.

[50] Exposition des Beaux-Arts et de l’Industrie de Toulouse, 1858, rapport publié en 1859.

[51] ANDRE Louis, Machines à papier. Innovations et transformations de l’industrie papetière en France, 1798-1860, op.cit. p.147.

[52] ROUFFIANDIS Louis, « Historique de la marque Job », op.cit., p.5.

[53] ADPO, 3E71/97 du 9-12-1862.

[54] Grand Dictionnaire industriel, 1866-1876, tome XII, op.cit.

[55] Issue de Jean Bardou, la lignée comprend deux branches, représentées par Pierre Bardou-Job et son frère Joseph Bardou.

[56] Rapport de l’exposition de Toulouse, 1867, op.cit.p.650.

[57] ROUFFIANDIS Louis, op.cit., p.6.

[58] HENRY Simone, « L’industrie papetière dans le Saint-Gironnais », Revue géographique des Pyrénées et du Sud-Ouest, op.cit.,  p.60.

[59] PRACA Edwige, « Joseph Bardou, fabricant de papier à cigarettes », La Semaine du Roussillon,  n°140, 24 au 29-12-1998.

 


 

Bibliographie

■ PRACA Edwige, « Les premiers ateliers de façonnage du papier à cigarettes dans les Pyrénées-Orientales (1838-1858) », Conflent n°208, Prades, 1997, p. 31-45.