Rendez-vous culturels

Article François PAMS

Article "François PAMS - 1822-1883 – Branche des PAMS d’Argelès-sur-Mer" - Cf rubrique Alliés-Consorts.


PERSONNEL USINE BARDOU

Article : "Personnel ouvrier - Usine Bardou - Perpignan - 1928". Cf rubrique Articles/Bardou.


Article Gaston PAMS

Article : "Gaston Pams - 1854-1931 - Branche des Pams d'Argelès-sur-Mer" - Cf rubrique Alliés-Consorts.


A LIRE

"Joseph Bardou et fils, entreprises de papier à cigarettes à Perpignan" - Cf rubrique Articles/Bardou


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Article François PAMS

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PERSONNEL USINE BARDOU

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Les premiers ateliers de façonnage du papier à cigarettes dans les Pyrénées-Orientales (1838-1858)

 

Le sujet abordé se veut une contribution à l'histoire industrielle et en particulier à l'histoire industrielle du papier à cigarettes dans les Pyrénées-Orientales. Les conditions de mise en place de cette industrie, le recensement des premiers ateliers de façonnage, les aspects de la préindustrialisation constituent l'objet de cet article, tendant à exposer les résultats provisoires d'une recherche en cours, de durée et d'intérêt beaucoup plus vastes.

Les sources documentaires du Vallespir

Dans la première moitié du XIXe siècle, ignorant les impératifs politiques du traité des Pyrénées, un certain nombre de pratiques d'usage courant tendaient à se répandre depuis la Catalogne du Sud vers le département des Pyrénées-Orientales. Tel était le cas par exemple du façonnage et de l'usage des livrets de papier à cigarettes, initialement répandus dans les zones de contact étroit avec les terres de Catalogne espagnole.

Dans les Pyrénées-Orientales, ces espaces, principalement formés de la vallée du Tech et de la plaine d'altitude de Cerdagne, constituaient ainsi les avant-postes d'une pratique d'extension rapide, culminant dans les années 1850 avec l'installation à Perpignan des ateliers de façonnage du papier à cigarettes de marque Job.

Précurseurs en quelque sorte d'une industrie nationale de fabrication du papier à cigarettes, créés à l'initiative des habitants du Vallespir et de Cerdagne, ces premiers ateliers étaient jusqu'à présent méconnus, sauf par certaines mentions de leurs marques de fabrique, à paraître dans le répertoire départemental des marques de papier à cigarettes, dressé par Denis Peaucelle et encore inédit.

Un premier inventaire de ces ateliers était cependant rendu possible, en raison notamment des obligations d'autorisation préalable, réglementant l'installation de ces sortes d'entreprises. Soumise à la législation française, la création de ces « fabriques à la frontière » n'était en effet autorisée qu'après avis favorable du préfet et du directeur des douanes, constatant que la position des établissements dans des localités de moins de 2000 habitants n'était susceptible de développer aucune fraude.

Le cadre législatif

Cette législation douanière, datant de 1791 et 1806, et s'appliquant initialement aux clouteries, papeteries, grandes manufactures et fabriques souhaitant s'établir dans ces zones de faible densité démographique, avait ensuite été renforcée par la jurisprudence en 1832, et étendue à tous les « simples ateliers de fabrication » de ces mêmes zones frontalières.

De 1838 à 1858, six arrêtés préfectoraux autorisaient ainsi successivement, après avis de la direction des douanes, la création de fabriques de « cahiers à cigarettes » dans la région du Vallespir. Consignés séparément, sans paraître dans les recueils d'actes administratifs de la préfecture, tous cependant n'ont pas été conservés. L'existence du premier arrêté n'est ainsi connue que par le rappel de sa date de ratification, ultérieurement mentionnée par le directeur des douanes.

Cet arrêté contresigné le 22 mars 1838, était accompagné de la demande formulée par l'intéressé, un sieur Deloupy, d'Arles-sur-Tech, et de l'avis initial des douanes, documents qui, pour leur part, ont été conservés. Datée du 30 janvier, la requête était annotée par le maire de la commune, favorable à un projet qui, à son avis « ne pourrait qu'être utile au pays où cet article est en consommation ».

Témoignant d'un certain scepticisme, la réponse des douanes révélait pour sa part l'hésitation dans la mise en place juridique du projet : « Je dois supposer que ce genre de fabrication, tout restreint qu'il est, doit être soumis aux procédés communs de la fabrication des papiers (...). Si au lieu de fabriquer du papier-cigare, le pétitionnaire a voulu dire fabriquer des livrets (...) avec du papier déjà existant, il serait possible alors d'examiner jusqu'à quel point ce genre d'industrie est compatible avec le régime des douanes ». Cette incertitude prudente soulignait ainsi la nouveauté de l'initiative.

Vingt ans plus tard, signe tangible de la progression de ce phénomène industriel dans les mentalités, la même administration résumait avec assurance les termes d'une législation qui, au demeurant, pesait déjà aux candidats potentiels :

« Aux termes des articles 41, titre 13, de la loi du 22 août 1791 et 75, de la loi du 30 avril 1806, il ne peut être formé dans l'étendue du rayon des douanes, excepté dans les villes dont la population agglomérée est au moins de 2000 âmes, aucune clouterie, papeterie ou autre grande manufacture ou fabrique, sans l'avis du Préfet du département et celui du Directeur des Douanes, constatant que la position des établissements ne peut favoriser la fraude. Un arrêt de la cour de Cassation en date du 14 Xbre 1832, a décidé que les simples ateliers de fabrication sont tout aussi bien que les grandes manufactures ou fabriques, compris dans les termes des lois des 22 Août 1791 et 30 Avril 1806. Il résulte de ces dispositions que la création dans le rayon frontière d'une fabrique de livrets à cigarettes, ne peut avoir lieu sans autorisation préalable (...) ».

C'est donc dans un cadre législatif précisément défini que les arrêtés préfectoraux des 22 mars 1838, 7 novembre 1842, 19 août 1850, 15 juillet 1851, 4 avril 1854 et 26 juin 1858, autorisaient l'établissement de ces fabriques à Arles-sur-Tech (2 mentions), Saint-Laurent-de-Cerdans (3 mentions) et Amélie-les-Bains (1 mention).

Les premiers ateliers de façonnage

En 1838, Deloupy adressait au préfet une supplique, faisant surtout allusion à ses conditions d'existence. Se considérant dans une « déplorable situation », il cherchait un moyen de subsistance, lui permettant d'envisager un avenir plus serein. Quatre ans plus tard, les propos du second demandeur avaient changé de nature, soulignant l'orientation précoce de cette industrie vers une production de qualité.

Le 24 septembre 1842, la seconde demande émanait donc d'Abdon Delmau, habitant de St Laurent-de-Cerdans, requérant l'autorisation d'établir une « fabrique de confection de cigarres », « lequel papier », ajoutait-il, « je promets et certifie faire venir de Castres ou de ses environs ». Cette demande confirmait d'abord que le second impératif des entreprises à la frontière était d'employer, en amont du façonnage, des matières premières d'origine française, de préférence aux produits espagnols.

Par ailleurs, elle faisait état d'un courant commercial spécifique depuis Castres jusqu'aux limites du pays, qui devait se prolonger jusqu'aux années 1870. Dans cet intervalle en effet, les Bardou utilisaient aussi pour le façonnage de leurs livrets à cigarettes, des papiers de provenance de cette localité. La qualité de la matière première était attestée par les récompenses offertes aux fabricants de Castres lors des expositions industrielles, dont notamment celle de 1849 à Paris, pour un papier précisément dénommé « cigarette ».

Par arrêté préfectoral du 7 novembre 1842, Abdon Dalmau était donc autorisé à établir dans la commune de Saint-Laurent une « fabrique de livrets à cigarres », sous condition d'ouvrir un compte courant au bureau local des douanes et d'en tolérer les recensements et inspections. En 1858 était déposée sa marque de fabrique « papel fino hygienico », suivie en 1874 de celles d'« Arbre d'Amour » et de « Fleur Inconnue », recensées par Denis Peaucelle.

Dans ces mêmes années 1870, il était d'ailleurs toujours mentionné comme « fabricant de livrets » dans les actes de Soubirane, notaire à St-Laurent. Son atelier trentenaire et contemporain de ceux des Bardou, constitue l'une de ces entreprises méconnues, établies le long de la frontière dans la première moitié du XIXe siècle.

Selon une troisième autorisation aux dispositions identiques, Jean Coste, habitant de Saint-Laurent, était ensuite autorisé à ouvrir dans sa commune une « fabrique de confection de cigarres » par arrêté du 19 août 1850. Le 26 Juin 1858, un autre arrêté au nom de Joseph Coste, du même lieu, accordait à ce dernier le droit de relier des cahiers de papier à cigarettes.

Cette même année, « J. Coste père » déposait une marque de « papier collé à la gomme », étudiée par D. Peaucelle et témoignant de l'intérêt porté aux détails de fabrication. Les cahiers étaient en effet préencollés à la gomme arabique, permettant ainsi l'adhésion immédiate des bords de la cigarette roulée, et donc probablement une économie de papier. Joseph Bardou utilisait pour sa part du « suc de figue ».

Aspects de la préindustrialisation

Au-delà des détails techniques, la requête suivante déposée en mai 1851 par Louis Parès et Xatard Pagès, éclairait plus amplement le fonctionnement des ateliers. Louis Parès se présentait en effet comme « buraliste des contributions indirectes et débitant de tabac à Arles-sur-Tech ». L'industrie du façonnage apparaissait en ce cas comme un travail de complément, cependant déjà directement lié au commerce du tabac. Louis Parès précisait en outre son intention de « (s)e livrer à la fabrication de livrets à cigarettes dans (s)on domicile situé à Arles-sur-Tech ».

En période de préindustrialisation, l'activité de façonnage se présentait donc sous la forme d'ateliers à domicile, autorisant ainsi l'emploi, temporaire ou définitif, de la parentèle ou d'une main d'oeuvre de proximité. Dans cet exemple précis, le fabricant, qui n'était pas forcément papetier, était également marchand de ses produits finis, à savoir papiers prédécoupés et tabac à rouler.

En 1854, la demande de Deit Picon, autorisée dans la commune d'Amélie-­les-Bains, n'apportait aucun élément nouveau, hormis celui de la localisation. En 1858 par contre, Joseph Coste précité exprimait également son intention de « relier dans (m)a commune et dans (m)on domicile des cahiers de papiers à cigarettes », confirmant ainsi l'existence des ateliers à domicile. Cette requête marquait aussi le terme de la période de création de ces premiers ateliers, précurseurs d'une industrie nationale.

Joseph Coste précisait en effet le sens, sémantique et géographique, accordé à son commerce : « Ce genre de commerce est fait non seulement dans le but de faire circuler les produits dans l'intérieur de la France mais encore en Espagne ». Comme Abdon Dalmau en 1842, le demandeur s'engageait cependant à n'utiliser pour la fabrication « que des matières françaises ». Malgré la dimension familiale de son atelier et inversement au sens de diffusion initial des livrets à cigarettes, en 1858, un courant d'exportation, explicitement annoncé, tendait ainsi à s'établir depuis les Pyrénées-Orientales vers l'Espagne limitrophe.

Dans ce département frontalier, le principe d'autorisation préalable avait donc été confirmé par six arrêtés préfectoraux, permettant de 1838 à 1858 l'établissement dans le Vallespir d'autant de fabriques de cahiers à cigarettes. Les données issues de ces demandes et arrêtés, concernant l'existence d'ateliers à domicile, l'emploi de la parentèle, l'alliance aux buralistes, les circuits de production et de diffusion, méritaient tout à la fois d'être illustrés et étendus à l'ensemble du département.

Hors du champ de la législation douanière, les premiers temps de l'histoire des Bardou, l'une des plus importantes dynasties de fabricants de papier à cigarettes en France, constituaient un exemple, notoire et méconnu à la fois, de l'histoire de cette branche industrielle. (...).

Edwige Praca

 

Bibliographie

PRACA E., extrait d’article éponyme paru dans la revue Conflent n°208, Prades, juillet-août 1997, p. 31-45.

 

Pour en savoir plus

Voir article : « Origines familiales et professionnelles des Bardou et Bardou-Job ».